- 71
Extrait de Vasari pour la vie d'André del Sarto. Manuscrit autographe. [Milan], 24-25 janvier 1812 et [Paris], 5 juin 1814.
Estimate
15,000 - 20,000 EUR
Log in to view results
bidding is closed
Description
- Stendhal, Henri Beyle dit
- Extrait de Vasari pour la vie d'André del Sarto. Manuscrit autographe. [Milan], 24-25 janvier 1812 et [Paris], 5 juin 1814.
28 p. in-folio sur papier réglé, paginées de 3 à 30 avec 2 pages de titres autographes, la première mentionnant "Recopié, 3e vol. des Comp. inédites, pages 63 à 74", "Extrait de Vasari - Pour la vie d'André del Sarto (je note seulement ce qui n'est pas déjà extrait du 4 vol."
Stendhal a daté la préparation de ses notes de lecture : "24 J[anvie]r 1812" en haut à gauche des pages 5 et 11 puis "25 Jr 1812" sur les pages 12 et 20 ; enfin, reprenant son manuscrit deux ans plus tard, datant la dernière page du "5 juin 1814, en ne trouvant pas mon nom parmi ceux des Pairs".
reliure signée de rivière and son. Maroquin rouge, filets dorés, dos à nerfs.
Stendhal a daté la préparation de ses notes de lecture : "24 J[anvie]r 1812" en haut à gauche des pages 5 et 11 puis "25 Jr 1812" sur les pages 12 et 20 ; enfin, reprenant son manuscrit deux ans plus tard, datant la dernière page du "5 juin 1814, en ne trouvant pas mon nom parmi ceux des Pairs".
reliure signée de rivière and son. Maroquin rouge, filets dorés, dos à nerfs.
Provenance
Christie's Londres, 27 novembre 1996, n° 122.
Catalogue Note
C'est en 1811, lors de son séjour en Italie, que Stendhal a consacré le chapitre CXCII du premier jet de l'Histoire de la peinture en Italie. Il se met à étudier systématiquement la peinture qu'il ne connaissait pas, "sachant qu'en étudiant les Beaux-Arts on apprend à les sentir". Il achète quelques guides dont Storia pittorica dell'Italia [Histoire de la peinture en Italie] de Lanzi ainsi que les 16 volumes de l'édition milanaise de 1807 de Vite de piu eccellenti pittori scultori e architetti de Vasari. Il décide alors de composer pour lui-même un précis de peinture, entièrement fait de traductions et de morceaux choisis et enrichis de ses propres réflexions. Enfin, il en vient à penser que cette oeuvre pourrait être un succès d'édition en France où de semblables manuels n'existent pas. Ce sera Histoire de la peinture en Italie, publié en 2 tomes chez Didot en 1817 et signé seulement "M.B.A.A" c'est-à-dire "Monsieur Beyle Ancien auditeur".
"L'intelligence, la fantaisie et l'imagination éclatent à chaque page de ce livre où Stendhal apparaît sous son vrai jour : simple mais capable d'affectation et de quelque pédanterie, sceptique et pourtant passionné. De plus, ses considérations sur la personnalité de l'artiste, sur le rôle du milieu et même d'éléments physiques comme le climat et la race, dans la conception de l'oeuvre d'art, annoncent déjà la critique moderne" (Laffont, Bompiani, Dictionnaire des Oeuvres).
Ces notes sur Andrea del Sarto furent consignées pour le chapitre sur l'Ecole de Florence, où Stendhal traite du "perfectionnement de la peinture de Giotto à Léonard de Vinci".
L'intérêt de ces notes de lectures, au-delà du talisman beyliste, provient aussi des notes personnelles que Stendhal a portées en tête de la dernière page, plus de deux ans après ses premières notes sur del Sarto : "5 juin 1814, en ne trouvant pas mon nom parmi ceux des pairs". Vivant alors à Paris, Stendhal espérait une place auprès de ses protecteurs royalistes. Son Journal porte trace de sa réaction contrariée ce même jour du 5 juin 1814 : " En ne trouvant pas mon nom parmi ceux des pairs. Heureusement le luxe me touche peu ou, plutôt, il m'embarrasse, Working, comme c'est mon plaisir de le faire, for instance to-day at Haydn, je sens fort bien la possibilité de vivre à Paris, dans une chambre au quatrième, avec un habit propre, une femme qui vient le battre le matin, et mes entrées aux Français ou, plutôt, à l'Odéon, que j'aime. Mais la vanité, la considération, s'opposent à ce genre de vie."
"L'intelligence, la fantaisie et l'imagination éclatent à chaque page de ce livre où Stendhal apparaît sous son vrai jour : simple mais capable d'affectation et de quelque pédanterie, sceptique et pourtant passionné. De plus, ses considérations sur la personnalité de l'artiste, sur le rôle du milieu et même d'éléments physiques comme le climat et la race, dans la conception de l'oeuvre d'art, annoncent déjà la critique moderne" (Laffont, Bompiani, Dictionnaire des Oeuvres).
Ces notes sur Andrea del Sarto furent consignées pour le chapitre sur l'Ecole de Florence, où Stendhal traite du "perfectionnement de la peinture de Giotto à Léonard de Vinci".
L'intérêt de ces notes de lectures, au-delà du talisman beyliste, provient aussi des notes personnelles que Stendhal a portées en tête de la dernière page, plus de deux ans après ses premières notes sur del Sarto : "5 juin 1814, en ne trouvant pas mon nom parmi ceux des pairs". Vivant alors à Paris, Stendhal espérait une place auprès de ses protecteurs royalistes. Son Journal porte trace de sa réaction contrariée ce même jour du 5 juin 1814 : " En ne trouvant pas mon nom parmi ceux des pairs. Heureusement le luxe me touche peu ou, plutôt, il m'embarrasse, Working, comme c'est mon plaisir de le faire, for instance to-day at Haydn, je sens fort bien la possibilité de vivre à Paris, dans une chambre au quatrième, avec un habit propre, une femme qui vient le battre le matin, et mes entrées aux Français ou, plutôt, à l'Odéon, que j'aime. Mais la vanité, la considération, s'opposent à ce genre de vie."