Lot 65
  • 65

Le Christ aux oliviers. Manuscrit autographe signé. [Avant mars 1841].

Estimate
40,000 - 60,000 EUR
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Description

  • Nerval, Gérard de
  • Le Christ aux oliviers.Manuscrit autographe signé.[Avant mars 1841].
3 p. in-4, à l'encre noire, corrections autographes. 5 strophes de 14 alexandrins.
Pliure centrale restaurée au papier collant, marges effritées renforcées de même.

Provenance

Jules Marsan (3 déc 1976, n° 3).

Literature

A. Marie, n° 12--La Pléiade, 1993, I, p. 736-738, note p. 1782, et III, p. 439, note p. 1164--M. Brix, p. 194, n° 10-9--L'Herne, 1980, p. 27-31, reprod. n° 12 et 13--Exposition Gérard de Nerval, Bibliothèque historique de la Ville de Paris, 1996, n° 239 (reprod.).

Condition

Pliure centrale restaurée au papier collant, marges effritées renforcées de même.
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Catalogue Note

Premier poème de Mysticisme, dans le Troisième château des Petits châteaux de Bohême, "Le Christ aux Oliviers" parut la première fois dans "L'Artiste", le 31 mars 1844. Il fut conçu d'après le Siebenkaes de Jean-Paul Richter, dit Jean-Paul, que Nerval connut sans doute dans la traduction intitulée Le Songe par Germaine de Staël dans De l'Allemagne, 1810 (IV, chap. 28). C'est Nerval qui lia ce songe à l'angoisse du Christ au Mont des Oliviers, proférant avant Nietzsche le premier Dieu est mort ! dans sa traduction approximative du "Il n'y a point de Dieu" de Jean-Paul Richter, dit Jean Paul : "J'ai parcouru les mondes, je suis monté dans les soleils et j'ai volé avec les voies lactées à travers les solitudes célestes ; mais il n'y a point de Dieu. Je suis redescendu aussi loin que l'être jette son ombre, j'ai regardé dans l'abîme et j'ai crié "Père, où es-tu?", mais je n'ai entendu que l'éternelle tempête que nul ne gouverne ; l'arc-en-ciel éclatant des êtres était là sans soleil aucun qui le créât, et s'y écoulait goutte à goutte. Lorsque je levai mon regard sur le monde immense, y cherchant l'oeil divin, l'univers fixa sur moi une orbite caverneuse, vide, sans fond ; l'Eternité était sur le chaos et le rongeait et se dévorait elle-même" (traduction A. Béguin, Choix de rêves de Jean-Paul, Corti, 1964).

ce manuscrit est le seul cité dans la pléiade sous le nom de "manuscrit marsan".
Ce manuscrit est cité dans l'édition de la Pléiade qui n'en mentionne pas d'autre. Il est reconnu comme ayant servi à l'édition pré-originale du poème, dans "L'Artiste" en 1844. Il porte au bas de la deuxième page une recommandation autographe à l'intention des compositeurs (protes) : "Conserver les capitales dans les mots où elles sont indiquées". Ces recommandations n'ont pas toujours été suivies. Quelques variantes également furent apportées au texte publié, Nerval ayant sans doute corrigé sur épreuves : on s'accorde à penser que le manuscrit Marsan est la toute dernière version manuscrite du célèbre poème, celle que Nerval confia à L'Artiste pour sa parution originale le 31 mars 1844 (p. 201). "Le Christ aux oliviers" a été repris dans les Petits châteaux de Bohême, Les Filles de feu ("Les Chimères"), et les Poésies complètes (1877).