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[Contrat manuscrit de Gérard Labrunie avec Alexandre Dumas]. Manuscrit autographe de Dumas, signé par lui-même et Nerval. [Paris ?], 14 avril 1835.
Description
- Nerval, Gérard de--Dumas père, Alexandre
- [Contrat manuscrit de Gérard Labrunie avec Alexandre Dumas].Manuscrit autographe de Dumas, signé par lui-même et Nerval.[Paris ?], 14 avril 1835.
Provenance
Literature
Condition
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Catalogue Note
L'une des toute premières entreprises commerciales du jeune Gérard Labrunie, non encore Nerval, fut ce contrat qu'il passe avec Alexandre Dumas père en 1835, lequel, chevauchant la vogue du voyage, tient à faire paraître ses Impressions de voyage. Les deux premiers volumes ont paru en 1834, les trois suivants s'échelonneront jusqu'en 1837. Suivront les Nouvelles impressions de voyage (Sinaï) en 1839, dans le Midi de la France en 1841, et jusqu'en 1859 dix ouvrages sur le Rhin, Florence et l'Italie, l'Espagne, et jusqu'à la Russie. Pour ce, Dumas a besoin de collaborateurs, et d'argent.
Le 14 avril 1835, il passe contrat avec Gérard Labrunie et échange "une action de mille francs" que lui verse Nerval contre l'équivalent en appointements d'articles que Dumas lui promet pour son projet de revue théatrale, le Monde dramatique. Chaque article sera "au prix de cent cinquante francs pour la feuille de La revue de Paris [cette revue servant de format-étalon]. Ces articles quoiqu'à son choix traiteront spécialement des théatres [Dumas s'engage à écrire sur le théatre transalpin]." En 1835, le bagage littéraire de Nerval est encore léger : en 1827, il a traduit huit scènes du Faust de Goethe, en 1830 il s'engage aux côtés d'Hugo à la première d'Hernani, en 1831 il publie ses Odelettes dans l'Almanach des Muses, il s'est lié avec Petrus Borel et ses républicains-romantiques, avec le Petit Cénacle et les Jeune France de Duseigneur. En 1834, Nerval hérite de son grand-père, et voyage. Il a les fonds disponibles pour contribuer à l'entreprise de Dumas. C'est une époque légère et joyeuse pour Nerval, qui réunit sa Bohème galante chez lui, impasse du Doyenné près du Carrousel du Louvre.
Il semble que Nerval et Dumas ne se soient jamais entendus sur leur promesse. L'année suivant son engagement avec Dumas, il fonde son journal, Le Monde dramatique. Mais ce marché ne fut pas honoré par Dumas. Le 7 mai 1839, quatre ans plus tard, Nerval écrit à J.B. Porcher et se plaint avec pudeur : "Je ne lui ai jamais reparlé d'une somme de 500 Francs que je lui ai donnés lors de son départ pour l'Italie et pour laquelle il devait m'envoyer des articles pour ce même journal [Le Monde dramatique] qui est la source de toute ma gêne."
C'est la faillite du Monde dramatique qui obligea dès lors Nerval, d'une part à collaborer avec Alexandre Dumas, auteur à succès, d'autre part, à vendre sa plume dans de nombreux journaux, Le Figaro, La Charte de 1830, La Presse, où il rédige la "chronique théâtrale" (Corinne Bayle, Gérard de Nerval, la marche à l'étoile, 2001, p. 28-29). Il accepte la collaboration avec Dumas pour Piquillo en 1836, que Dumas signe seul. A l'automne 1838, Nerval retrouve Dumas après maintes tribulations en Allemagne. Ils collaborent sur L'Alchimiste, puis sur Léo Burckart. Cette dernière est la seule pièce co-écrite que Nerval ait signée de son nom.
En 1854, Nerval dédiera Les Filles du feu à Alexandre Dumas.
Le texte du contrat est de la main de Dumas, avec sa signature. Il est aussi signé "Gérard Labrunie" de la main de Nerval. Il figure dans la Correspondance de Nerval (Pléiade I, ).