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Souvenirs de la Commune. Manuscrit autographe. [s.d.]
Description
- Nadar
- Souvenirs de la Commune.Manuscrit autographe. [s.d.]
reliure signée ch. lanoë suc de p. ruban . Bradel demi-toile rose, titre doré au dos.
Provenance
Colonel Daniel Sickles (28 et 29 novembre 1989, n° 453).
Literature
Nadar, Quand j'étais photographe, 1900—New-York Times, 27 mars 1910--Catalogue d'exposition Nadar, BnF, 1965.
Catalogue Note
Passionnants mémoires de Nadar concernant les personnages célèbres qu'il côtoya durant la Commune, époque où il se distingua comme l'un des résistants les plus imaginatifs et acharnés. Nadar joua un rôle essentiel dans le succès des assiégés à communiquer avec le reste de la France. Nadar transmettait par aérostat, non seulement le courrier des assiègés mais aussi, au général Trochu, des observations militaires faites du haut de ses ballons captifs.
Il raconte en détail l'aide qu'il apporta au général Jules Bergeret, responsable des opérations militaires, l'homme désigné pour présider à la destruction de la colonne Vendôme, l'homme qui ordonna l'incendie des Tuileries. Il lui offrit refuge chez lui et organisa la fuite en Belgique du général communard. Un féroce passage du mémoire raconte sa visite à Thiers à qui il annonce sa complicité dans la fuite du général. Exfiltré à Bruxelles, Bergeret gagnera Jersey, où, sous le nom de Marius (« Marius ? à Minturnes?» ironise Nadar), commencera une carrière de photographe. « Depuis, il est fixé, m'a-t-on dit, en Amérique, d'où je restai sans nouvelles ».
Le 27 mars 1910, lendemain de la mort de Nadar, le New-York Times par "Special cable to the NYT" fait paraître un article sous le titre "Felix Nadar was regarded as father of Aeroplane idea" : "Nadar saved Gen. Bergeret, the last of the Communard leaders to hold out in 1871, from being executed as a rebel and miscreant by asking M. Thiers (... ) for a passport for him that he might leave the country. Nadar's own head was not very safe at that time. Bergeret was held to be responsible for the burning of the Tuileries and the attempted destruction of the Louvre in the last hours of the Commune. Many Americans knew him afterward in New-York, where he lived as a refugee for several years."
Le Siège de Paris fut la dernière occasion pour Nadar de s'occuper activement d'aérostatique ; cette folle passion l'avait ruiné. Il revint à la photographie, sans grand goût et aux seules fins de survivre. Il s'installe en 1887 à l'Ermitage de la forêt de Sénart où il restera jusqu'en 1894, accueillant ses amis désargentés. Ruiné et malade, âgé de 77 ans, il trouvera cependant l'énergie de refonder un atelier de photographie à Marseille en 1895, y devient une gloire, et triomphe enfin à l'Exposition universelle de 1900 à Paris. Il meurt en 1910.