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Les Soeurs Vatard. Manuscrit autographe signé. [Nov-déc. 1878].
Description
- Huÿsmans, Joris-Karl
- Les Soeurs Vatard.Manuscrit autographe signé.[Nov-déc. 1878].
Provenance
docteur Lucien-Graux (ex-libris, IV, n° 59) -- colonel Daniel Sickles (IV, 1990, n° 1204).
Catalogue Note
Précieux manuscrit autographe signé du second roman de Huÿsmans, chef-d'oeuvre de la description naturaliste de la vie ouvrière.
Il a été présenté au public lors de l'exposition Huÿsmans en 1979, à la Bibliothèque de l'Arsenal.
Les Soeurs Vatard, roman dédié à Zola grâce auquel Huÿsmans peut publier ce premier roman à compte d'éditeur, a paru le 26 février 1879 chez Charpentier ; Huÿsmans qui y travaillait depuis le début de 1877, a dépeint pour cette étude de la vie ouvrière, la vie et les rapports humains de l'atelier de brochage familial du 11 rue de Sèvres.
" C'est sans doute l'oeuvre la plus caractéristique du naturalisme de Huÿsmans, et jusque dans ses excès. Il confirme son goût pour la peinture des médiocres. Il a l'air de s'attarder sur Désirée. C'est pourtant Céline, la gouape, la "sousouille", qui l'intéresse et l'attire le plus. Le contraste est étonnant entre le fond, qui est celui d'un roman noir, et une certaine gaieté voulue de ton et d'atmosphère." (Beaumarchais-Couty-Rey).
Huÿsmans mentionne lui-même ce manuscrit de travail dans une lettre du 12 novembre 1878 (à Théo Hannon) : "Je vous écris absolument excédé et abruti, j'ai fait une telle suée de travail , ces jours-ci que j'ai jeté les Filles Vatard sur pied. C'est fait --j'ai encore pour un mois de retouche de recopiages mais enfin ces deux mirifiques garces se dressent maintenant sur leurs arpions."
Ce manuscrit, qui servit à l'imprimeur, numéroté par lui au crayon rouge, porte de nombreuses variantes et plus de deux mille corrections autographes, 13 passages importants ajoutés dont un béquet collé à la p. 52), ainsi que 2 pages entières rayées (pp. 132 - 133). Les deux derniers chapitres sont particulièrement retravaillés.
La première phrase du roman : "Deux heures du matin sonnèrent" ne figurent pas sur le manuscrit. N'y figure pas non plus la dédicace à Zola, lequel avait tant poussé Huÿsmans à le suivre dans la voie de L'Assomoir, c'est à dire du scandale, qui avait propulsé le mouvement naturaliste vers le succès. Zola écrira dans Le Roman expérimental "[Je souhaite] à M. Huÿsmans de se voir tr¨^iner dans les ruisseaux de la critique, d'être dénoncé à la police par ses confrères... C'est alors qu'il sentira sa force".
À la fin du roman, Huÿsmans a placé un épilogue de seize lignes (certaines biffées) qu'il n'a pas conservé dans l'impression : "Le crépuscule commençait à couler lentement dans l'atelier. L'on y voyait maintenant à peine au travers des vitres troubles, un jour pâle et fané, s'épandait sur les tables, allait déferler dans l'ombre des coins, se mourait en un éclat sur un lit de rognures. Jaunes. (...)"