Lot 38
  • 38

Les Diaboliques. A un dîner d'athées. Manuscrit autographe. [Paris- Valognes ?, entre 1868 et début 1872].

Estimate
30,000 - 40,000 EUR
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Description

  • Barbey d'Aurevilly, Jules
  • Les Diaboliques. A un dîner d'athées. Manuscrit autographe.[Paris- Valognes ?, entre 1868 et début 1872].
Manuscrit complet à l'exception des premières et dernière pages, numérotées 1, 1 bis et 37, qui sont recopiées de la main de Louise Read.
38 feuillets in-4, écrits au recto, aux encres noire, rouge, verte, violette, bleue et or, quelques interventions au crayon de la main de Barbey d'Aurevilly, trois dessins de ciboires aux encres de couleurs aux pages 4, 14 et 15. Pagination continue par l'auteur de 2 à 36, chiffres de couleurs dans le coin supérieur gauche.
Au verso des feuillets 17, 34 et 36, longues notes autographes au crayon noir de Barbey d'Aurevilly contenant une ébauche, des brouillons.
Par exemple, le feuillet numéroté 17 porte un état antérieur du texte du feuillet 14, au crayon, barré d'une croix noire. Le feuillet 26 porte une petite comptabilité domestique ("12 francs de blanchisseur...15 coiffeur"). Le feuillet 34 porte, à l'envers et au crayon, quelques phrases qui sont très probablement un premier jet de la scène effroyable où culmine la nouvelle. Le feuillet 36 enfin donne, toujours au crayon, le premier jet du texte du feuillet 30. Au verso du feuillet 32 figure également des comptes.
Deux petites taches de cire rouge au feuillet 27.

Le manuscrit montre d'importantes corrections, ratures, suppressions et additions, aux encres de différentes couleurs et au crayon. Les pages contiennent chacune environ 40 lignes.

reliure signée par a. dodé
. Maroquin grenat, plats ornés d'un jeu de filets dorés entrelacé aux angles, dos à nerfs orné, encadrement intérieur, gardes de vélin, feuillets montés sur onglets.
Manuscrit bien conservé, avec quelques petites déchirures marginales et quelques décharges d'encre inévitables.

Provenance

Louise Read (?, les trois pages recopiées par elle)--Colonel Daniel Sickles (I, 1989, lot 17).

Literature

Barbey d'Aurevilly, Oeuvres Romanesques complètes, T. II, Pléiade, 1966, p. 1272 --Les Diaboliques. Annoté par Crouzet. Ed. de l'Imprimerie nationale, 1989, notes, p. 391.

Catalogue Note

A un diner d'athées est la cinquième des nouvelles composant le recueil des Diaboliques, et " la plus riche" selon Jacques Petit. Si on rassemble les éléments de sa datation, tout laisse à penser que la nouvelle était encore en projet en 1866, peut être commencée en 1868, et sans doute remaniée à Valognes  entre 1871 et le début de 1872. Elle porte la mention " A Valognes au Louvre [à l'hotel du Louvre], 1872". Il est tout à fait possible que Barbey ait fait figurer une date de début ou d' achèvement sur son manuscrit ; mais elle aurait figuré alors sur une des pages manquantes.
Il semblerait que Louise Read ait recopié les pages manquantes d'après le texte de l'édition originale, auquel elle reste étroitement fidèle.                                                         

Manuscrits connus de cette nouvelle :
- le manuscrit ayant servi à l'impression, qui porte encore des corrections et des variantes importantes (Bibliothèque nationale) ;
- la première page, reproduite dans Le Manuscrit autographe n° 5. C'est très certainement celle qui manque à notre manuscrit, séparée par hasard, ou offerte ;
- les épreuves corrigées de l'édition de 1874, saisies comme pièces à conviction lors du procès et conservées, de ce fait, aux archives du Tribunal de la Seine.
 
Ce manuscrit de travail présente une version intermédiaire entre le manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale et les épreuves corrigées.
En effet, à la page 36 de notre manuscrit Barbey écrit : "Sois punie par où tu as péché, Garce infâme ! disait il, tu ne seras plus a personne. Te voilà cachetée contre tous." Dans la version conservée à la Bibliothèque nationale, certainement antérieure, il est écrit : "Fille infâme, la porte de ton lupanar est condamnée, te voilà cachetée contre tous" avec une description si violente du cachetage de son sexe à la cire rouge qu'il doit se résoudre à la supprimer (barrée dans notre manuscrit). Dans la version définitive, la fin est une nouvelle fois adoucie :  "Sois punie par où tu as péché fille infâme !" De même, après son châtiment, l'héroïne La Pudica disparaît aux yeux de tous dans la version publiée, tout comme dans notre version, tandis que dans celui de la Bibliothèque nationale elle finit ses jours dans une maison close. Barbey d'Aurevilly a donc atténué la violence de son texte dans notre version et encore une nouvelle fois dans la version définitive.

Il est donc improbable qu'il s'agisse du tout premier jet, Barbey d'Aurevilly ayant longuement mûri et remanié ce texte. Ce manuscrit est resté inconnu de l'éditeur des Oeuvres complètes de Barbey d'Aurevilly dans la Pléiade. Il présente de ce fait un état inédit du texte.