Lot 35
  • 35

Lettre autographe signée à Marie-Louis Denis. Strasbourg, le 12 juillet 1758.

Estimate
8,000 - 12,000 EUR
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Description

  • Voltaire
  • Lettre autographe signée à Marie-Louis Denis.Strasbourg, le 12 juillet 1758.
4 pages in-8, à l'encre noire sur un double feuillet de papier vergé.

Condition

Excellent état (très légères rousseurs en bordures).
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
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Catalogue Note

Intéressante lettre dans laquelle Voltaire craint de ne pouvoir acheter la retraite qu'il vise, évoque longuement la guerre de Sept Ans qui fait rage et a touché son protecteur, l'Électeur palatin, ainsi que le maréchal autrichien Léopold Daun.

"(...) Après avoir eü une indigestion de chevreuil (...), après avoir guéri mon postillon avec du quinquina et ma jument avec du vin, toujours voiageant en tortue. Me servant tantôt de la poste tantôt de mes chevaux, j'ay le plaisir de vous écrire dès que je suis seul. Ma chère enfant, je crains de n'être pas assez heureux pour acquérir Champignele. L'abbé de Munster m'a dit qu'elle est bâtie comme Saverne que ce sont des jardins admirables, que le bourg dont est seigneur est composé de deux mille habitans, quel y a des manufactures, qu'on trouve aisément de gros fermiers qui payent très bien. Il faut avouer qu'un tel établissement vaut mieux qu'une guinguette dans le pays du prêche. / à Strasbourg / (...) J'ay débarqué chez monsieur l'Intendant. La première nouvelle qu'il m'a dite c'est que l'Électeur palatin vient de perdre Dusseldorf, la capitale de son pays de Juliers, les Hanovriens l'ont prise. Le voylà bien payé d'avoir pris notre parti. La déroute, la consternation, le découragement, sont inexprimables. On n'a jamais essuié tant de honte. Mais M. Berrier est ministre d'État tout ira bien. Apparemment que l'Impératrice a des généraux et des ministres. La manoeuvre du comte de Daun est admirée. Il a pris comme vous le savez toutes les munitions du roi de Prusse, et sa caisse militaire ; il a battu un corps de onze mille hommes, deux bataillons de grenadiers prussiens ont mis bas les armes, le reste a été tué, dispersé ou pris (...) Il peut dans trois mois être au banc de l'Empire. C'est ainsi que la fortune est faite. (...) Vous me parlez de mon passeport, je l'ay ; et je ne m'en sers pas. Toutes les portes me sont ouvertes et je vous assure qu'on ne s'informe nulle part, si on est bien ou mal en Cour (...)".

En voyage vers l'Électeur palatin, Voltaire stationne quelques jours à Strasbourg, espérant obtenir par l'entremise du cardinal de Bernis, devenu ministre, la permission de revenir à Paris. Cet espoir sera rapidement déçu et Voltaire comprendra alors que son exil de la Cour est définitif, ce qui le décidera d'acquérir les domaines de Ferney et de Tourney à la frontière franco-suisse. Il est amusant de lire à la fin de sa lettre combien, loin de la cour du roi de France, le bannissement de Voltaire paraît sans effet, et que personne n'y attache le moindre intérêt.