Lot 26
  • 26

Le Mariage du siècle. Manuscrit autographe. [1772].

Estimate
30,000 - 40,000 EUR
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Description

  • Sade, Donatien-Alphonse-François, marquis de
  • Le Mariage du siècle.Manuscrit autographe. [1772].
32 p. en 4 cahiers petit in-4, quelques corrections, une page volante avec distribution autographe des personnages.
Placé dans une enveloppe portant de la main de Sade :
"Le Mariage du Siècle / Drame ébauche."

Provenance

archives de la famille de Sade.

Literature

manuscrit publié dans les Oeuvres complètes de Sade, Théâtre I, t. XIII, p. 49-60, Cercle du Livre Précieux, Paris, 1964.

Catalogue Note

Il s'agit du canevas de la pièce et de certaines répliques développées, lesquelles débouchent sur des synopsis plus précis et un traitement systématique des actes.

Intéressante pièce marquant l'ambition de Sade de sortir du théâtre de société pour se lancer dans le « théâtre professionnel ». Comme l'écrit Maurice Lever (Sade, p. 197) : "Son ambition vise désormais à constituer une troupe régulière placée sous sa direction (...) C'est ainsi que fut représenté un mélodrame « dans le goût anglais », de sa composition, Le Mariage du siècle, dont on ne possède que le canevas et quelques répliques, mais dont la distribution, de la main du marquis, nous est parvenue : l'héroïne de la pièce, Pauline, est interprétée par la chanoinesse, tandis que Mme de Sade joue sa confidente et que Donatien se réserve le rôle du comte de Castelli, époux de Pauline."
La vie tumultueuse de Sade viendra bientôt ajourner les promesses de sa troupe de théâtre. C'est l'affaire d'Arcueil (ou affaire des dragées) en juin 1772. Le marquis a proposé à quatre partenaires sexuelles des pastilles à la cantharide. L'aphrodisiaque est présenté dans l'opinion comme un poison. La participation active du valet justifie l'accusation de sodomie, punie alors du bûcher. Sade et son valet, condamnés à mort pour empoisonnement et sodomie, ont fui en Italie. 
Sade sera définitivement arrêté et incarcéré par lettre de cachet, cinq ans plus tard, à l'instigation de sa belle-mère, Mme de Montreuil. Cette mesure lui évitera l'exécution mais l'enfermera en prison, à la Bastille, en attendant le bon vouloir du gouvernement et de la famille. Or la famille se lasse de ses frasques. Elle aura soin de faire casser la condamnation à mort, mais sans remettre le coupable en liberté.