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Lettre autographe signée au Comité patriotique de Lille. Paris, 12 février 1790.
Description
- Robespierre, Maximilien de
- Lettre autographe signée au Comité patriotique de Lille. Paris, 12 février 1790.
Robespierre informe les membres jacobins du Comité patriotique de Lille des nouvelles mesures votées à l'Assemblée nationale et de la difficulté d'établir une nouvelle constitution sur les bases de la nouvelle Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Ecrivant avec zèle et émotion aux révolutionnaires de son pays natal, l'Artois, il répond également aux accusations de ses adversaires lui reprochant à tort d'avoir augmenté les impôts en province.
" Messieurs (...) La douleur patriotique que vous inspirent les decrets qui attachent à la fortune et aux caprices d'un pouvoir arbitraire les droits inviolables de l'homme, suffiroit seule pour vous rendre chers à tous les amis de la liberté. Elle adoucit jusqu'à un certain point la mienne ; en même temps que vos encouragemens fortifient mon zele pour la defense de cette grande cause du peuple (...) Vous me demandez, Messieurs, la définition du mot contribution directe. Il me semble qu'à l'assemblée nationale on entend par là les impositions qui portent directement sur les personnes, comme la capitation, ou sur les propriétés foncières, telles que les vingtiemes et centiemes ! Mais quoi ! Il s'agit des droits de la justice et de la raison, de l'humanité... Et il faut que nous soyons réduits à nous occuper de tout celà ! " Il leur envoie sa brochure, qu'il a fait éditer à ses frais, "intitulée Adresse au peuple de belgique (...) elle m'a paru propre à seconder votre patriotisme dans votre pays (...) J'y joins une motion sur la restitution des biens communaux et un autre ouvrage que les calomnies de mes ennemis m'ont paru rendre nécessaire ; dont je pourrais vous envoyer des exemplaires, si vous jugiez qu'il peut être utile à la cause publique (...)"
Catalogue Note
La première intervention de Robespierre à l'Assemblée constituante date du 18 mai 1789 ; il prit la parole environ soixante fois de mai à décembre 1789, une centaine de fois en 1790 et autant de janvier à la fin de septembre 1791. Il devient, avec son discours sur la loi martiale du 21 octobre 1789, l'un des principaux animateurs de la Révolution et la cible d'attaques de plus en plus acharnées de ses adversaires. Le 25 janvier 1790 son ennemi, le député de la noblesse, M. de Beaumetz, lance une rumeur selon laquelle Robespierre aurait demandé une hausse de l'imposition de la province. Au second semestre de 1790, ses interventions à la tribune deviennent de plus en plus fréquentes. Il participe à l'élaboration de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen ainsi qu'à la première Constitution française en 1791.