Lot 134
  • 134

lettre autographe signée à Louis d'Albufera contenant un poème autographe dédié à Louisa de Mornand. [avril 1904].

Estimate
8,000 - 12,000 EUR
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Description

  • Proust, Marcel
  • lettre autographe signée à Louis d'Albuferacontenant un poème autographe dédié à Louisa de Mornand.[avril 1904].
4 p. in-8 à l'encre noire.
Petite tache d'encre à la page 3 avec atteinte au texte qui reste lisible, trace de pliure et très légères déchirures.

Provenance

Louis d'Albufera.

Literature

lettre en partie reproduite dans la Correspondance de Marcel Proust, t. IV, p. 107-108. La lettre est adressée à Louis d'Albufera et non pas à Louisa de Mornand (à la suite du poème commence la lettre).

Catalogue Note

Proust dresse en 39 vers le portrait de la belle Louisa de Mornand, alanguie sur un lit peint par Madeleine Lemaire, un livre à la main, et attendant la visite du marquis d'Albufera.  
"[...] Louisette a lu assez de vers / son oeil se clôt ... mais son coeur bouge / Et de ses deux bras entrouverts / Elle appelle un certain marquis / A l'esprit comme au coeur exquis / Et dont le nez fin l'a conquis [...]".  
Et c'est à Louis d'Albufera, et non pas à Louisa de Mornand (comme l'affirme Philipp Kolb) que Proust envoie ces vers qu'il traite d'inépties, en précisant qu'il est fou de joie de la photographie que lui a donnée Louisa.
Cette photographie est un portrait bien connu de la jeune comédienne accompagné d'une dédicace de la part de "l'original qui aime bien le petit Marcel", daté de "avril 1904".

Louis d'Albufera et Louisa de Mornand inspirèrent au "petit Marcel" les personnages de Saint Loup et de Rachel dans la Recherche. Proust fit la connaissance de Louisa en 1903 alors qu'elle était déjà la maîtresse d'Albufera.
En 1904, Proust lui offrit un exemplaire de La Bible d'Amiens "A qui ne peut avoir Louisa de Mornand / Il ne peut rester que le péché d'Onan". Elle rompit avec Albufera au printemps 1906 et, en 1928, au moment de la sortie de Lettres et vers à Madame Laure Hayman et Louisa de Mornand, elle écrivit : "Ce fut entre nous une amitié amoureuse, où il n'y avait rien d'un flirt banal ni d'une liaison exclusive, mais de la part de Proust, une vive passion nuancée d'affection et de désir, et de la mienne, un attachement qui était plus que de la camaraderie et qui touchait vraiment mon coeur".