Lot 111
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Méditation sur le Jugement dernier. Lettre autographe à Jospeh Delteil et poème autographe signé. 9 avril 1926.

Estimate
2,000 - 3,000 EUR
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Description

  • Jacob, Max
  • Méditation sur le Jugement dernier. Lettre autographe à Jospeh Delteil et poème autographe signé.9 avril 1926.

Literature

Le Disque vert, n° 2, novembre 1923-- oseph Delteil, Mes amours...(spirituelles), Albert Messein, Coll. Phalange, 1926—Max Jacob-Jean Cocteau, Correspondance, 1917-1944.

Catalogue Note

3 p. in-8.
Après le petit scandale littéraire provoqué par son roman truculent Choléra (1923), auquel Max Jacob ajouta en jugeant qu'il ne fera rien de bon (lettre à Cocteau, 23 décembre 1923), Joseph Delteil (1894-1978) publie dans le numéro spécial consacré à Max Jacob dans la revue surréaliste Le Disque vert un très beau portrait du poète dans lequel il décrit avec une grande beauté le rapport original de Jacob avec la religion. Delteil réitérera son admiration pour le poète retiré à Saint-Benoît-sur-Loire dans un deuxième portrait qu'il dresse de lui dans son essai Mes amours...(spirituelles), reçu avec enthousiasme par la critique, et en particulier par le journaliste littéraire favori de Jacob : Robert Denoël (« Chroniques des livres », Liège, 14 mars 1926). L'ouvrage est un vivant recueil d'articles et portraits, dont ceux de Robert Delaunay, Mac Orlan, Soupault, Rivière, et Max Jacob.

C'est en remerciement à ce portrait que Max Jacob répond, lui adressant une lettre tout aussi sensible et profonde, pleine d'à-propos, pudique et intime, un véritable auto portrait du croyant-pêcheur : "Mon cher Delteil, En réponse à votre charmant portrait je me permets de vous envoyer ces quarante vers. Il m'arrive de faire en vers ma méditation quotidienne de pharisien. Je jette au feu méditation et poésie : faites-en autant de celles-ci. Il ne faudrait pas qu'un acte d'humilité produisit l'effet contraire." Le destinataire n'a évidemment pas, pour notre bonheur, respecté le souhait de son ami.
Le poème, conçu sur une méditation sur le Jugement dernier, est introduit par une petite supplique, sincère et légère, où résonne le style si personnel de Max Jacob : « Mon Seigneur surgi du centre de la terre et du centre de mon abdomen (...), efflorescence de perfection, nénuphar de mon marais, signal du bien et poteau de toute création ! aidez-moi dans cette méditation. »
Un texte de Max Jacob dans lequel Joseph Delteil dut constater avec combien de justesse il avait décrit ce poète catholique trois ans auparavant dans son article pour Le Disque vert, " Max Jacob et Dieu " : « Dieu se montrera particulièrement sévère pour l'auteur du Terrain Bouchaballe. Max Jacob n'a rien du converti (...) Il a une sincérité terrible, mais fine. La finesse, en religion, est une arme mortelle. J'imagine qu'au jour du jugement dernier Max Jacob se présentera devant le Juge en dissimulant le plus possible ses vertus. Frais et rose, ce saint aura l'air d'un pêcheur. Et les flammes de l'Enfer... ».
Delteil connaîtra le succès quelques mois plus tard avec son roman Jeanne d'Arc, Prix Fémina de l'année 1926, ainsi que la notoriété avec son expulsion immédiate du mouvement surréaliste par Breton et Aragon. En 1931, il tombe gravement malade et se retire dans le sud de la France, rompant pour très longtemps avec sa vie parisienne.