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Lettre autographe signée à Misia [Sert] Natanson. 4 janvier [1904].
Description
- Pierre Bonnard
- Lettre autographe signée à Misia [Sert] Natanson.4 janvier [1904].
Pliures légèrement fragilisées. Sous la date, dans l'angle supérieur droit de la première page, cette inscription au crayon : "copie non livrée".
Literature
lettre publiée dans A. Gold et R. Fizdale, The Life of Misia Sert, 1980 ; trad. française en 1981, Misia. La Vie de Misia Sert, p. 117-118—Misia Sert, Autobiographie, Gallimard, 1952.
Condition
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Catalogue Note
Bonnard, répond à un appel que Misia Sert (1872-1950) lui lança d'Espagne où l'avait entraînée le millionnaire de la presse Edwards quelques mois avant leur mariage et alors qu'elle est toujours mariée à Thadée Natanson. Edwards, attirant par sa force de caractère et son pouvoir, se révèle maladivement jaloux. Bonnard compatit avec Misia et tente de l'encourager par une lettre au ton enjoué et charmant : « L'histoire de votre portrait en espagnole est bien amusante et votre artiste a dû considérer comme une bonne fortune d'avoir un pareil modèle qui n'a pas encore eu de peintre digne de lui (je parle pour moi sans fausse modestie). Mais c'est bien beau de votre part de vous intéresser à des oeuvres d'art au milieu de vos préoccupations et il faut un esprit bien calme pour attacher une grande importance à ces jeux de grands enfants. »
Bonnard, Vuillard, Toulouse-Lautrec, Diaghilev, Proust, ne furent que quelques uns des nombreux admirateurs qui gravitaient autour de Misia Gobeska-Tadanson-Edwards-Sert. Elle est peinte deux fois par Bonnard, mais aussi par Toulouse-Lautrec et par Vuillard. Misia Sert fut d'abord une pianiste, l'élève particulièrement douée de Gabriel Fauré (Toulouse-Lautrec la peint à son piano en 1897). A 21 ans, elle épouse Thadée Natanson, directeur de la Revue blanche, et rencontre les poètes et peintres qui y collaborent. Elle forme à l'époque avec son mari le couple mondain le plus en vue du tout-Paris de 1900.
Bonnard peignit deux splendides portraits de Misia Sert, l'un en 1895 la montrant rêveuse, secrète, assise à une table de cuisine ; l'autre en 1908, en robe de bal, l'incarnation de l'élégance mondaine et du luxe naturel.