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Le Pèlerin de l'Absolu. (juillet 1910-décembre 1912). Manuscrit autographe signé. 14 mai 1913 - 16 janvier 1914.
Description
- Bloy, Léon
- Le Pèlerin de l'Absolu. (juillet 1910-décembre 1912).Manuscrit autographe signé.14 mai 1913 - 16 janvier 1914.
Chemise et étui moderne : demi maroquin bleu nuit.
Literature
Exposition Léon Bloy, Bibliothèque Nationale de France, 1968 (n° 229).
Catalogue Note
Précieux manuscrit complet ayant servi à l'impression du sixième volume du Journal de Léon Bloy. Le Pélerin de l'absolu fait suite, de juillet 1910 à décembre 1912, au Vieux de la Montagne. La rédaction, commencée le 14 mai 1913 s'acheva le 16 janvier 1914. Cette date est bien reportée à la fin du manuscrit. Le livre parut en juillet 1914 au Mercure de France.
Dans son Journal, Léon Bloy s'attaque avec une violence prodigieuse, et dans une langue inimitable, à toutes les valeurs consacrées de la IIIe République, individualiste, bourgeoise et anti-cléricale. Violent et indépendant, épris d'absolu et de liberté, toujours extrême dans ses choix comme dans ses fulminations, Bloy poursuit une méditation sur l'Histoire placée sous la menace d'une apocalypse universelle et imminente. Le progrès et l'avènement du capitalisme sont les cibles obsessionnelles de l'écrivain, voyant dans le naufrage du Titanic (16 avril 1912) le signe consolateur d'un nouveau monde mort-né. Bloy détaille également la conduite de ses oeuvres en cours, dresse le portrait d'une génération d'intellectuels et d'écrivains (au centre de laquelle se trouvent Jacques et Raïssa Maritain), continue de vouer à Huÿsmans une rancoeur farouche, et revient sans cesse sur la conspiration du silence dont il se juge victime dans les milieux littéraires.
"14 août 1910 : Deux catastrophes énormes. Un tamponnement colossal à Saujon. Plus de cent victimes en un train de plaisir et l'Exposition de Bruxelles entièrement détruite par le feu. Détail terrifiant et comique. Une ménagerie avait laissé échapper toutes ses bêtes. La multitude affolée déjà par l'incendie, s'est vue en présence des fauves déchaînés. N'ai-je pas écrit que le moment approche où les catastrophes se toucheront, où il n'y aura plus que des catastrophes ?"
« (...) Gloire immense des aviateurs. Loin d'avoir fait la conquête de l'air, ils sont à sa merci (...) Tout sur terre appartient aux princes hors le vent. Le vent est la réserve de Dieu qui n'a pas fait l'homme pour voler."
"[Juillet 1912] Dans le journal, article affreux sur les préparatifs allemands de la guerre probable. Aviation militaire. Les allemands ont imaginé un appareil hideux assez semblable à une chauve-souris. Cela s'appelle un Taube, c'est-à-dire un pigeon, peut-être même une colombe, étant donnée la sentimentalité germanique. Le Taube est un appareil blindé, cuirassé, pourvu d'une mitrailleuse pour l'extermination des aéroplanes français (...) Que sera cette guerre à laquelle nulle autre n'aura ressemblé ?"
L'Epilogue est particulièrement bouleversant :
"Malheureux écrivain, tu avais rêvé de conquérir des âmes et tu n'as pu conquérir que des oreilles ! Tu avais espéré que les chères et nobles images sorties de ton coeur seraient comme un fleuve pour porter à Dieu beaucoup d'autres coeurs ! Mais, tu le vois, on ne s'embarque pas. On reste sur la rive, on s'y attarde même voluptueusement pour voir couler tes larmes et ton sang. N'as-tu donc pas compris ou as-tu oublié déjà ce que disait le prophète belge : "Léon Bloy est admirable mais gardons nous de le suivre et surtout de ne rien faire pour lui. Ce serait du vandalisme. Il a de si beaux cris quand il souffre !"