Lot 100
  • 100

[Documents inédits concernant les lettres à Nelson Algren.] 1985.

Estimate
200 - 300 EUR
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Description

  • Beauvoir, Simone de--Algren, Nelson
  • [Documents inédits concernant les lettres à Nelson Algren.]1985.
3 lettres d'une page chacune (dimensions).



on joint :
- 1 lettre datée de janvier 1984, adressée à Fernande Gontier et Claude Francis, concernant la présence des lettres de Simone de Beauvoir à Nelson Algren à l'Université de l'Ohio.
- L'édition originale des Lettres à Nelson Algren, Gallimard, 1997. in-8.

Provenance

Fernande Gontier.

Catalogue Note

3 lettres autographes et/ou signées de Simone de Beauvoir, dont deux datées Paris, 9 juin 1985, donnant permission aux auteurs de transcrire et établir la correspondance en anglais de Beauvoir à Nelson Algren nouvellement acquise aux enchères et déposée dans le fonds Algren de la bibliothèque de l'Université de l'Ohio.
« Je vous confie le soin d'établir le texte de mes lettres à Nelson Algren dont les 1682 pages manuscrites sont déposées au fonds Nelson Algren du Département des Inédits de l'Université de l'Ohio et de préparer le matériel des notes en vue d'une édition critrique... Je verrai lettres et notes avec vous... Ces lettres couvrent la période 1947 à 1960 et certains passages sont difficiles à déchiffrer pour d'autres que moi... »

La découverte des lettres de Simone de Beauvoir à Nelson Algren fut un événement éditorial aussi bien qu'une révélation pour le monde féministe gardien d'une image de Beauvoir déjà fixée et intouchable. Elle révéla une Simone de Beauvoir amoureuse durant près de quinze ans d'un homme pas moins macho que d'autres, écrivain des bas-fonds américains. On la découvrit plus féminine que féministe dans ces lettres d'amour, capable de soumission, dépendante comme bien d'autres femmes, et bien malgré elle. Les Lettres à Nelson Algren démythifièrent l'icône et le modèle un peu caricatural qu'était devenue Beauvoir déjà avant sa mort. Elles furent, posthumément, après une longue attente d'une permission des ayant-droits d'Algren pour une édition croisée (refusée), publiées par la fille adoptive de Simone de Beauvoir, Sylvie Le Bon, en 1997.
Voici comment Claude Francis et Fernande Gontier ont décrit cet événement si capital et d'autant plus marquant qu'il intervint tardivement dans la vie publique de Beauvoir : "En 1983, en faisant des recherches en Ohio sur les Utopistes français établis en Amérique au XIXe siècle, nous avons eu la chance de découvrir par hasard les lettres que Simone de Beauvoir avait écrites à son amant américain Nelson Algren de 1947 à 1964. Dès la première lecture de ces lettres, nous avons été surprises par l'intensité d'une passion qui dérangeait l'image alors répandue de Beauvoir, présentée comme une sèche intellectuelle.
Dès que nous sommes arrivées à Paris, nous lui avons fait part de notre trouvaille. Elle a été très étonnée d'apprendre qu'Algren n'avait pas détruit ses lettres. Jusqu'à la fin de sa vie, il n'avait cessé de rager contre elle et contre ses distinctions entre l'amour essentiel et les amours contingentes. Certaines lettres portaient les traces de sa rage... " (Simone de Beauvoir, Préface).