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Billet de malade. [18 novembre 1922].
Description
- Proust, Marcel
- Billet de malade. [18 novembre 1922].
Tache de bol de café.
"Céleste Odilon peut partir dans 10 minutes, et rentrer vers 6h1/2, 7h du matin. Approchez de moi la chaise".
Au verso : "J'avais entendu fer au lieu de verre".
Provenance
Catalogue Note
Le 16 novembre, la faiblesse pulmonaire de Proust lui cause une crise épouvantable ; le 17, il se sent mieux. Dans la nuit du 17 au 18, il fait venir Céleste près de lui "[...] vous allez vous installer là dans le fauteuil, et nous allons bien travailler tous les deux [...] si je passe la nuit, je prouverai aux médecins que je suis plus fort qu'eux". A trois heures et demi il doit s'interrompre, l'abcès au poumon crève. A sept heures du matin, il demande un bol de café. Puis commence à délirer. Céleste appelle alors le docteur Bize et Robert Proust, qui accourent. Ils se succèderont tous deux à son chevet, l'un lui administrant une piqûre de camphre, l'autre lui posant des ventouses ou des ballons à oxygène.
Proust s'éteindra vers quatre heures et demie de l'après-midi, il n'avait que cinquante et un ans.
Reynaldo Hahn, un des premiers à arriver rue Hamelin où Proust venait de s'éteindre, se chargea de prévenir par pneumatiques ou téléphone les proches de Marcel Proust de son décès. Il veillera le corps avec Céleste. Ce jour là, le 18, vinrent également Léon Daudet, Fernand Gregh. Le 19, c'est au tour de Suzy Proust, la fille de Robert, et de sa mère, puis de Robert Dreyfus, l'ami des débuts de la Recherche, d'Anna de Noailles accompagnée d'Henri Gans, de Lucien Daudet, Georges de Lauris, Robert de Billy, les cousines de Proust, Edmond Jaloux, Jean Paulhan... Proust sera enterré le 22 novembre au Père Lachaise après des obsèques grandioses dans la chapelle de Saint-Pierre-de-Chaillot où tout le Paris mondain et littéraire vint lui rendre un dernier hommage. Barrès, le parapluie accroché à l'avant-bras, dit à François Mauriac qu'il rencontra ce jour là : "Enfin, ouais ... c'était notre jeune homme" (André Maurois, A la recherche de Marcel Proust, Hachette, 1949, p. 310).