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Lettre autographe signée à Céleste Albaret. 10 novembre 1922.
Description
- Daudet, Lucien
- Lettre autographe signée à Céleste Albaret.10 novembre 1922.
"Chère Madame Céleste. J'apprends que Monsieur Proust vient d'être très malade et est encore souffrant, si je n'étais moi-même obligé depuis quelques jours de garder la chambre à cause d'un phlégmon je serai allé tout de suite vous demander de ses nouvelles. Je ne veux pas l'ennuyer en lui écrivant mais je vous serais infiniment reconnaissant, si cela ne vous dérange pas trop, de vouloir bien être assez bonne pour me téléphoner et me dire comment il va. Je suis si ennuyé de le savoir malade ! [...] mais j'ai un remords de ne pas être allé prendre des nouvelles en arrivant, j'aurais su ainsi qu'il était malade et il n'aurait pas cru à mon indifférence ce qu'il doit croire sans doute maintenant et me désole...." (10.11.22, sur papier à en-tête 31, rue de Bellechasse, VIIe, 1 p. in-4, quelques taches brunes ne gênant pas la lecture).
Provenance
Condition
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Catalogue Note
Proust croisa le jeune Lucien Daudet (1878-1946) pour la première fois dans le salon de ses parents, Alphonse et Julia Daudet, vers décembre 1894. Il va progressivement s'attacher au jeune homme qui deviendra très vite son "cher petit". De sept ans son cadet, Proust aimait en lui la beauté, l'élégance, la fragilité. Jean Lorrain médira publiquement sur cette amitié amoureuse en 1897.
Lucien sera, après Louis de Robert, le second à lire Swann. Malgré ses talents de peintre et d'écrivain, il vivra toute sa vie dans l'ombre de son père, de son frère Léon, puis de Marcel Proust. Il vécut dans l'intimité de la princesse Eugénie.
Au cours du mois de juin 1922, Lucien Daudet rendra une dernière visite à Marcel Proust.
"M. Proust, dira Céleste le préférait à son frère, Léon, le politique. Il était d'une extrême sensibilité, qu'il mettait tout à l'admiration et à la dévotion pour M. Proust. C'est peut être l'un des rares que M. Proust ait aimés bien pour lui-même, sans jamais songer à l'utilité pour un personnage de son livre. Mais peut être aussi n'offrait-il pas un type assez marquant" (Monsieur Proust, p. 270).