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Lettre autographe signée adressée à un membre de la « Commission d'Afrique », Ferdinand de Lasteyrie ou Charles Plichon. Paris « ce samedi » (vraisemblablement début avril 1847).
Description
- Tocqueville, Alexis de
- Lettre autographe signée adressée à un membre de la « Commission d'Afrique », Ferdinand de Lasteyrie ou Charles Plichon.Paris « ce samedi » (vraisemblablement début avril 1847).
Excellent état de conservation.
Literature
Condition
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Catalogue Note
Intéressante lettre politique de l'auteur de De la démocratie en Amérique, rapporteur à l'Assemblée nationale de la Commission sur l'Algérie, sept mois avant la reddition d'Abd el-Kader. La plupart des responsables de la Commission, appartenant tous à la gauche libérale, étant malades ou indisposés, Tocqueville craint des attaques de la part de Bugeaud, gouverneur de l'Algérie, et de Guizot, chef du gouvernement. Dufaure, Beaumont et Corcelle, étant nommés dans cette lettre, le destinataire ne peut-être que les membres Ferdinand de Lasteyrie ou Charles-Ignace Plichon.
« Mon cher ami, la fièvre ne m'a quitté qu'hier et je suis encore aujourd'hui absolument incapable de me rendre à la Chambre. Dufaure est dans le même cas et pour la même cause. Beaumont a été obligé de quitter hier Paris pour se rendre auprès de sa mère mourante. Corcelle est également retenu par la grippe. Cependant, je crains que M. le Mal Bugeaud ne fasse dans la séance de ce jour quelques vives attaques, directes ou indirectes, contre la commission d'Afrique. Si cela était, je compte sur vous pour faire observer que le Président et rapporteur de cette commission étant malades, il est naturel de remettre de pareilles discussions à l'époque où l'Afrique sera l'objet d'une séance spéciale. Peut-être M. Guizot lui-même trouvera bon de se servir de cet argument pour écarter une discussion évidemment intempestive. En tous cas, faites pour le mieux. Je m'en rapporte à vous et vous quitte, me trouvant déjà fatigué d'avoir écrit cette courte lettre.
Mille amitiés [...] »
Le 27 février 1847, le gouvernement dépose deux projets de loi sur le bureau de la Chambre concernant tous deux la colonisation de l'Algérie : le premier demande des crédits extraordinaires pour l'Algérie, le second concerne la création de camps agricoles accordés aux vétérans en Algérie. Une commission dite "d'Afrique" est créée le 8 mars 1847, composée de 18 membres, dont Tocqueville, considéré comme le spécialiste des affaires d'Afrique, est le rapporteur. La commission en débat jusqu'en mai 1847. Le rapport de Tocqueville fut examiné du 7 au 11 juin. Tocqueville y critiqua sévèrement l'administration de l'Algérie mais approuvait les demandes de crédits. La fracture la plus grave entre Commission et gouvernement concerna l'expédition contre les Kabyles, considérés comme déjà largement soumis, qu'il juge coûteuse et inutile.
L'année suivante, Tocqueville siège à l'Assemblée. Il est membre de la commission chargée d'élaborer la Constitution. En 1849, il est nommé ministre des Affaires Etrangères. En 1851, il condamne le coup d'Etat, et après une brève incarcération quitte la vie politique pour toujours.