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Lettre autographe signée à Stéphane Mallarmé, sur la mort de son fils Anatole. Datée « de Paris oct. 1879 ».
Description
- Montesquiou-Fezensac, Robert, comte de
- Lettre autographe signée à Stéphane Mallarmé, sur la mort de son fils Anatole.Datée « de Paris oct. 1879 ».
Parfait état de conservation.
Literature
Condition
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Catalogue Note
Très émouvante lettre à Mallarmé, sa femme et sa fille, après le décès d'Anatole, malade depuis six mois d'une affection au cœur.
« Cher Monsieur et malheureux ami,
Est-ce une chose possible. Cela est trop affreux. Devant l'indubitable bordure noire je voulais encore imaginer autre chose.
J'éprouve profondément avec vous. Je voudrais vous voir et le voir. Mais a-t-on le droit de pénétrer réellement dans ces dernières et premières heures de la douleur profonde et mystérieuse ? C'est votre Saint des Saints. J'y suis avec vous trois en cœur et en esprit vraiment sympathiques.
Je vous prie de le dire à Madame Mallarmé [...]».
Robert de Montesquiou et Stéphane Mallarmé s'étaient rencontrés peu de temps auparavant, alors que le jeune poète de vingt-quatre ans, futur auteur des Hortensias bleus et modèle du dandy « fin de siècle » qui inspirera autant Huÿsmans que Marcel Proust, n'avait encore rien publié. Mallarmé fut d'emblée conquis par la personnalité d'exception de Montesquiou, et ce dernier devient un familier de la rue de Rome, se prenant d'amitié pour Anatole, le fils du poète. Au début du printemps 1879, Anatole tombe étrangement malade, l'enfant subit de violentes crises de nausées et de toux. Le mal s'aggrave rapidement. Les médecins sont dépassés et ne peuvent que constater l'état inguérissable du garçon.
Pour distraire l'enfant, Montesquiou lui a envoyé un magnifique oiseau exotique et Mallarmé l'en a chaleureusement remercié. La veille de la mort d'Anatole, le 7 octobre 1879, Mallarmé adresse à Montesquiou une de ses lettres les plus désespérées sur le sort de son fils : « Je m'appesantis sur tout avec vous comme on parle à un ami ancien ; mais vous nous montrez tant de charmante sympathie. – Oui je suis bien hors de moi, et pareil à quelqu'un sur qui souffle un vent terrible et prolongé. [...] Pas de travail de longtemps ! Je ne savais pas cette flèche terrible dirigée sur moi de quelque coin d'ombre indiscernable... [...] Mon petit malade vous sourit de son lit, comme une fleur blanche qui se rappelle au soleil parti. » (Stéphane Mallarmé, Correspondance, Mondor et Austin, Gallimard, tome II, p. 202).
Le lendemain, Mallarmé lui adresse ce mot : « Mon cher Monsieur de Montesquiou, Au moment où je portais un mot pour vous à la poste, notre cher enfant nous a quittés, doucement, sans le savoir, je ne veux pas que vous appreniez notre malheur par la lettre de faire-part. Le pauvre petit adoré vous aimait bien. » La présente lettre de condoléances de Montesquiou fait référence à la « bordure noire » du faire-part de décès et non à ce petit mot que Mallarmé lui adressa en hâte le jour de la mort de son fils et qui ne semble pas lui être parvenue. Montesquiou apprend la terrible nouvelle quelques jours plus tard, par le faire-part, qui produisit un effet de surprise et d'accablement inattendu.