- 63
Prosper Mérimée. Manuscrit autographe signé. [avant 1865].
Description
- [Mérimée, Prosper]--Barbey d'Aurevilly, Jules
- Prosper Mérimée. Manuscrit autographe signé.[avant 1865].
Quelques ratures, trace de déchirures à un feuillet.
reliure souple postérieure en veau grenat.
Quelques petites restaurations de papier aux angles n'atteignant pas le texte. Infimes traces d'usures à la reliure.
Barbey s'attaque à Mérimée et à la La Revue des deux Mondes dont il était "l'Alexandre". Il lui reproche sa sécheresse, d'être un pâle imitateur de Stendhal et de bien d'autres, de n'avoir aucun sens inventif et de n'être capable d'écrire que des textes courts sans fougue ni sentiments véritables.
Il critique son passage d'écrivain à historien : "de romancier devenir archéologue, philologue, antiquaire, et finir en Raoul Rochette, après avoir commencé en Stendhal [...]" . Puis il juge ses romans, qu'il trouve dénués d'émotion et lui reproche d'avoir été parmi les romantiques "peut être le seul sobre dans cette littérature enivrée". Il s'attaque à Gustave Planche et à La Revue des Deux Mondes, ainsi qu'à la critique en général bien trop douce avec Mérimée (la plupart des rédacteurs de la revue étant ses amis).
"On ne renonce à son talent, comme à son pouvoir, que quand il s'en va. M. Mérimée eut il conscience de la diminution du sien ?" [...]
"Il se conduisit comme ces habiles coquettes qui quittent le monde avant que le monde ne les quitte et il essaya de masquer sous des travaux plus ou moins tourmentés d'art et d'histoire l'impuissance de l'inventeur qu'il sentait venir" [...] "D'autant que l'inventeur chez Mérimée n'avait jamais été immense [...] un esprit privé de toute grande puissance spontanée".
Puis il le compare à l'auteur du Rouge et le noir, l'accusant d'imiter Stendhal, d'autres romanciers (comme Walter Scott ou Musset...) "Mérimée grave ce que les autres ont peint, mais en en retranchant la moitié [...] il imite un sécateur à la main". Et conclut : "Comme on peut le voir, je n'ai voulu, dans cette étude, juger M. Mérimée que comme romancier".
Literature
Condition
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
NOTWITHSTANDING THIS REPORT OR ANY DISCUSSIONS CONCERNING A LOT, ALL LOTS ARE OFFERED AND SOLD AS IS" IN ACCORDANCE WITH THE CONDITIONS OF BUSINESS PRINTED IN THE SALE CATALOGUE."
Catalogue Note
Il critiquera en lui l'homme incapable de passion, sans carrure morale et intellectuelle. Pour Barbey d'Aurevilly, Mérimée "est au fond un ambitieux avide de succès, qui a abdiqué toute grandeur littéraire pour parader dans les académies" (Pierre Glaudes, p. 41).
Barbey d'Aurevilly jugera ainsi Mérimée à plusieurs reprises : en 1865 dans Les Oeuvres et les Hommes (Romanciers) puis dans deux articles parus dans le Constitutionnel en 1874 et 1881.
En 1856 pourtant, Barbey lui rendait hommage en tant que biographe de Stendhal, et plus tard le plaça aux côtés de Balzac et de Stendhal parmi les grands romanciers du siècle.
Alors pourquoi ce revirement, cette hargne à l'égard de Mérimée. Certains avancent l'envie de Barbey d'Aurevilly pour l'amitié qu'entretenaient Mérimée et Stendhal, d'autres la jalousie de Barbey face à la réussite de Mérimée : "sa capacité à accomplir plusieurs carrières, dans les ministères et les institutions d'Etat, comme dans les Lettres, alors que Barbey, qui a rêvé, comme tant d'autres, d'être "Chateaubriand ou rien", a dû se résigner lentement à la littérature, après l'échec de ses ambitions militaires, politiques et religieuses" (Pierre Glaudes p. 48).