Lot 138
  • 138

À la recherche du temps perdu. Du côté de chez Swann. Paris, Grasset, 1913.

Estimate
3,000 - 4,000 EUR
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Description

  • Proust, Marcel
  • À la recherche du temps perdu. Du côté de chez Swann.Paris, Grasset, 1913.
édition originale. In-12 (195 x 120 mm). Broché. Chemise demi-maroquin citron et étui. Bien complet du catalogue de l'éditeur.
Dos de la couverture avec quelques manques.


exemplaire avec toutes les caractéristiques de premier tirage.
Précieux exemplaire réservé à l'éditeur avec la marque "BG" sur les derniers feuillets ainsi que sur le second plat de la couverture.

envoi autographe signé de l'auteur : "À Monsieur le Comte Primoli. Hommage de respectueux attachement. Marcel Proust".

Catalogue Note

Le comte Joseph Primoli (1851-1927) était l'arrière petit-fils de Lucien Bonaparte et le neveu de la princesse Mathilde dont le salon littéraire fut un des plus importants de la fin du XIXe siècle. Familier de son salon, ainsi que de celui de Madame Strauss ou des Clermont-Tonnerre, Proust fit sa connaissance à la fin de l'année 1903. Cet homme érudit et fin lettré, auteur d'une étude sur Stendhal et Rome, au front chauve et à la barbe prématurément blanchie, fut un des tout premiers destinataires de Du côté de chez Swann ainsi que l'atteste une lettre de Proust au comte du début de janvier 1914 (Swann avait paru le 14 novembre 1913).
Cette lettre est reproduite par Kolb au tome XIII de la Correspondance de Proust, p. 35-36 : "Cher Monsieur, Quand mon livre a paru vous êtes une des toutes premières personnes à qui j'ai pensé. Dès le premier jour des envois, je répétais à mon valet de chambre : "l'exemplaire du Comte Primoli est parti ?" Il me disait oui et c'était vrai. Seulement aujourd'hui quand j'ai reçu cette carte si amusante et si jolie où vous parlez de l'escorte de la Joconde "en guise de musicien", j'ai dit à mon valet de chambre : "Vous voyez, c'est une carte du Comte Primoli." Il l'a regardée. "Comment ! Monsieur le Comte Primoli est à Rome ! Mais j'ai envoyé le livre à Paris !" J'ai eu un moment de fureur et de désespoir. Peut-être d'ailleurs votre concierge vous a-t-il envoyé le livre à Rome. Mais dans le doute je vous envoie un second exemplaire à Rome. Seulement je n'ai plus de première édition. Vous en trouverai une à Paris quand vous reviendrez, elle y est depuis longtemps. Je ne peux vous envoyer qu'un exemplaire du deuxième tirage où il y a d'ailleurs un peu moins d'énormes fautes que dans le premier. Mais je suis trop malade et malheureux en ce moment pour pouvoir corriger tout cela moi-même ...".

Le présent exemplaire, de premier tirage, est donc bien le tout premier envoyé au comte Primoli.