Lot 119
  • 119

Lettre autographe signée à Philippe Lavastine. Quimper, 9 [novembre] 29 .

Estimate
3,000 - 5,000 EUR
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Description

  • Jacob, Max
  • Lettre autographe signée à Philippe Lavastine.Quimper, 9 [novembre] 29 .
4 pages petit in-4  (202 x 154 mm) à l'encre noire.
Faiblesses aux plis, petites déchirures sans atteinte au texte.

Catalogue Note

Pierre Colle, futur marchand et exécuteur testamentaire de Max Jacob, conduisait le poète, au volant de la voiture qui percuta un arbre près de Saint-Malo le 23 août 1929. Max Jacob resta immobilisé plusieurs mois dans la maison familiale de Quimper.
« [...] Philippus-rex ! Je n'aime que tes lettres et je n'ai pour Paris qu'un désir de te voir. Mes maux n'ont que l'horreur de me tenir au loin tandis que tu lis la mystique à Plotin. [...]
Je suis couché depuis trois mois, j'ai lu plusieurs vingtaines de livres absurdes. Les feuilletons des concierges égarés dans les hasards ne sont pas ce qu'il y a de dire mais  le pire c'est le futur prix Goncourt  [Renaudot] : table aux crevés de Marcel Aymé qui sera couronné. [...]
J'ai lu peu de mystiques. J'invente la mienne. J'aimais bien Gorrès, Catherine Emmerich et Jacob Boehme mais St Denis l'Areopagite est assommant et apocryphe. Je ne comprends pas St Jean de la Croix
[En marge :] Ste Thérèse c'est très beau.
On commence à me masser. Le masseur a l'air d'un domestique mais il est pianistique et virtuose.
[...] Je fais des dessins. Je croix qu'il faut concevoir la composition d'un seul coup d'œil et l'exécuter d'un seul coup.
Picasso qui est venu ici cet été a commandé un costume breton, lequel attend ses ordres, tout prêt. Dis-le lui si tu le vois.
[...] ».
On se souviendra de la passivité de Picasso lors de l'internement de Max Jacob à Drancy. Perclus de culpabilité, Picasso assistera à la messe de souvenirs de Max Jacob sur le parvis de l'église, n'osant pénétrer à l'intérieur.

cette lettre semble être restée inédite.
Max Jacob distingua Philippe Lavastine (né en 1908) parmi les jeunes amis de Jean Cocteau, à l'hôtel de la Madeleine à Paris .
Un an plus tard, dans une lettre à Cingria, Max Jacob décrit ainsi Lavastine : "Philippe Lavastine vit dans la misère, à Montrouge chez M. Tracol, 35 rue Boileau" (Correspondance. Les Amitiés et les amours de Max Jacob, tome I, 1901-1933, 2003, p. 260).