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19 lettres, toutes illustrées, adressées au galeriste italien pagani et un découpage gouaché (207 x 73 mm) , une encre-collage sur papier et une gouache sur papier. 1959-1962.
Description
- Chaissac, Gaston
- 19 lettres, toutes illustrées, adressées au galeriste italien pagani et un découpage gouaché (207 x 73 mm) , une encre-collage sur papier et une gouache sur papier.1959-1962.
- 19 lettres autographes signées, la plupart illustrées, sur 35 pages in-4 et un découpage signé (totem gouache verte à contour noir, et stylo bic rouge).
- [Buste de profil, découpage]. Gouache verte découpée sur fond de papier noir. Signé, daté octobre 1960 et dédicacé "à Enzo Pagani", (19,5 x 13 cm ; 7 ½ x 5 1/8 in).
- [Composition abstraite au feutre noir sur collage d'enveloppes cachetées]. Encre et collage sur papier monté sur panneau, signée et datée du 17 février 1959, (26 x 20,5 cm ; 10 3/8 x 8 ¼ in).
Au dos cette mention manuscrite de Pagani : "Disegno originale ed autentico del pittore Gaston Chaissac VIX (Vandea) Francia / N° 55 Proprieta Fondazione Pagani / Misura : 26 x 20,5 Genere : disegno su carta su tavola / [signature de] Pagani" et une étiquette de la Galeria Arte Miguel Adria de Barcelone.
Dans cette importante correspondance, Gaston Chaissac fait apparaitre plusieurs facettes de sa personnalité et demande à Pagani des conseils sur son travail, lui recommande Laure Norac, lui donne des nouvelles de la vie politique, de son travail et d'envois d'oeuvres à Milan, :
" [...] Les astres vous conseillent de stocker du Dubuffet à tire larigot. Il semble que Picasso bénéficia de la chance de porter la ceinture de flanelle rouge à laquelle j'atribue [sic] sa période bleue. Amitiés pittore leblanc du sac, gentleman en croissance alias Gaston Chaissac". La lettre est illustrée d'un coq aux feutres orange, rouge et violet.
"Je continue de faire des collages et ça m'en fait maintenant 8 [...]" ;
" Du reste exposer ne m' a jamais réussi, non cela s'est revelé m'être inutile mais aussi préjudiciable [...] Il m'aurait fallu d'emblée connaitre le succès de vente pour me faire rester exposant. J'ai terriblement perdu mon temps à peindre et ne le cache pas. Peindre ne pouvait me sortir du pétrin, de ma situation lamentable au contraire m'enfoncer [...] Au temps où il pouvait sembler que j'avais des chances, la peinture avait cessé de se vendre et les galeries étaient accaparées par de riches artistes amateurs mieux placés grace a leur fric pour s'imposer [sic]".
Il se plaint de ne jamais toucher de droit d'auteur [...] "voilà ce que c'est que de jouer stupidement les primitifs à contre temps. Jamais de part de gateaux pour moi [...].
Il place des oeuvres à la galerie Iris Clert et regrette qu'elle n'ait pas le même enthousiasme que Pagani. En avril 62, il lui envoie un poème, en mai 62, un dessin rehaussé de gouache orange. Il est "démoralisé et las de vivre".
Il lui fait parvenir également un conte illustré d'un meunier et d'une rosière, un dessin avec graffitis légendé Vive Louis Rhizodus et ses graffitis.
Provenance
Catalogue Note
Gaston Chaissac (1910-1964) commença à peindre à la fin des années 1930 alors qu'il travaille chez le peintre abstrait Otto Freundlich. En 1938 a lieu sa première exposition. Gleizes et Robert Delaunay le remarquent alors. Jusqu'en 1947 et jusqu' à son exposition à la Galerie Arc en Ciel, Chaissac peint. Mais rapidement, il veut se démarquer du parisianisme, il s'isole de plus en plus et sa créativité s'en ressent. Dubuffet qu'il connaît depuis 1946 restera proche de lui jusqu'en 1961.
Chaissac collabora à la N.R.F. avec ses Chroniques de l'oie de 1957 à 1960, articles humoristiques entrecoupés de réflexions poétiques. Vers la fin de sa vie il s'installe avec sa femme à Vix, en Vendée. Iris Clert lui organise alors une belle exposition à Paris. Elle est souvent mentionnée dans ses lettres.
Le marchand italien Enzo Pagani, organisa quatre ou cinq expositions consacrées à Chaissac. Il lui rendait souvent visiste à Vix en Vendée et repartait le coffre plein d'oeuvres. Il ouvrit sa propre galerie Galleries Pagani del Grattacielo à Legnano puis à Milan. Il se consacra à la recherche culturelle et artistique aussi bien en Italie qu'à l'étranger. En 1957, Pagani créa l'oeuvre de sa vie, son musée en plein air, préférant ainsi un contact des oeuvres avec la Nature.
Nous tenons à remercier M. Thomas Le Guillou pour ses conseils et la relecture de ce texte.