Lot 50
  • 50

Belle statue d'homme-lézard , île de Pâques

Estimate
40,000 - 70,000 EUR
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Description

  • Belle statue d'homme-lézard
  • long. 47 cm
  • 18 1/2 in
tangata moko (ou moai moko) représentant de manière classique un être hybride, mi-homme, mi-lézard, dont le corps dessine une ligne sinueuse et fluide, le visage tendu vers l'avant, les bras repliés sur le thorax. La tête, puissante, est marquée par l'épaisse ligne sourcilière et les grands yeux sertis d'un fragment d'os, la pupille signifiée par de l'obsidienne. Bois de toromiro à patine nuancée, brun rouge, profonde. Elle a conservé, sur la queue, son étiquette dans la collection Harry Geoffrey Beasley, mentionnant "BEASLEY COLLECTION".

Provenance

Ancienne collection Harry Geoffrey Beasley (1881 - 1939)
John J. Klejmann, New York
Acquise de Patricia Withof, Londres, en 1966

Catalogue Note

La mythologie pascuane accorde une importance toute particulière au lézard, allant et venant entre la surface du sol et les entrailles de la terre. D'après Orliac (2008 : 142-143), "ce sont les hôtes des sépultures et du monde des morts ; à ce titre, ils colportent les actions des vivants et à leur retour, transmettent au grand jour les messages des ancêtres". Ils n'apparaissent jamais en tant que tels dans la statuaire, mais uniquement sous l'aspect de l'ancêtre prenant la forme du lézard. Comme l'ensemble de la statuaire de l'île de Pâques, leur signification demeure peu connue. Selon Orliac (idem : 144), les lézards jouissant d'une mauvaise réputation à Rapa Nui, ces représentations auraient probablement été destinées à "protéger les humains contre les maux provoqués par certains reptiles mal intentionnés ou manipulés par des sorciers".

cf. La découverte de la Polynésie (1972 : n° 87) pour une statue très comparable, provenant de la collection Maurice Ratton, et Laurens (2008 : 40 à 51) pour un ensemble remarquable reflétant la diversité stylistique des statues tangata moko.  

Harry Geoffrey Beasley (1881 – 1939), considéré comme l'un des plus grands collectionneurs d'art Tribal, avait fondé à Cranmore (Kent) le "Cranmore Ethnographical Museum", afin d'abriter et de présenter au public sa très riche collection, essentiellement dédiée à l'art du Pacifique. Contrairement à plusieurs autres grands collectionneurs de cette époque - tel James Hooper - qui étaient contraints de se dessaisir d'œuvres afin d'en acheter de nouvelles, Beasley possédait une fortune personnelle qui lui permit de rassembler un nombre impressionnant d'objets, tous de qualité remarquable. Provenant pour la plupart du Royaume-Uni, ces œuvres furent acquises par Beasley auprès de musées ou de collectionneurs, et lors de ses nombreux voyages en Europe et aux Etats-Unis. Travaillant avec une rigueur scientifique notoire, Beasley était animé par la mission qu'il s'était fixée d'offrir à ces objets - "témoins du génie créateur de l'homme et aujourd'hui obsolètes" -, un lieu permanent de conservation, ouvert en particulier aux étudiants en anthropologie (in Waterfield, 2006 : 79-91).

"Comptant parmi les plus exceptionnels collectionneurs britanniques, Beasley possédait à la fois une fortune considérable et un goût des plus sûrs. La seule présence des fameuses étiquettes "Beasley Collection" sur une pièce est aujourd'hui considérée par les collectionneurs du monde entier comme une 'garantie de qualité'"  (Julian Harding, communication personnelle, Août 2008). cf. n° 36 et 41 de ce catalogue pour d'autres œuvres provenant de la Collection Beasley.