Lot 20
  • 20

Important poteau funéraire, Modang, Telen river, Kalimantan, Bornéo, XII - XIIIe siècle

Estimate
50,000 - 80,000 EUR
bidding is closed

Description

  • modang
  • Important poteau funéraire
  • haut. 275 cm
  • 108 1/4 in
Monoxyle, taillé à la pierre dans un bois dur, il se caractérise par l'imbrication complexe de formes stylisées : humaines, animales et végétales. Au sommet de la composition, le visage est dominé par de grands yeux signifiés par des cavités profondes, surmontant une bouche taillée, en losange aux arêtes courbes. Son centre est ponctué par ce qui semble être la tête d'un personnage stylisé, projetée en avant, et dont les bras levés se confondent avec la lèvre inférieure. Des lézards sculptés de profil encadrent ces deux représentations. Ascendants au recto et descendants au verso, ils parcourent le poteau le long d'un bord sinusoïdal, telle une liane de la forêt tropicale. La puissante monumentalité de la sculpture est accentuée par la surface profondément érodée, presque fossilisée, du bois dur. 

Provenance

Collecté sur les berges de la rivière Telen, affluent de la rivière Mahakam, dans l'est Kalimantan, après une crue de grande ampleur.

Catalogue Note

Les quatre poteaux Modang (n° 19, 20, 21 et 22) trouvent leur signification dans un contexte funéraire, les deux montants prolongeant de part et d'autre le sommet servant à soutenir le réceptacle à reliques. Ici, l'iconographie - lézards parcourant le poteau - le rattache également à ce contexte. Considéré par les habitants de Bornéo comme un symbole de vitalité et de fertilité, le lézard, lorsqu'il est signifié sur des objets funéraires, est censé introduire le défunt dans le nouveau monde et le faire ainsi renaître après la mort.
Bien que les peuples de Bornéo aient produit des objets d'art d'une large variété de formes - dont les musées témoignent de la haute valeur esthétique - il n'existe, à notre connaissance, aucun poteau Modang de cette ancienneté dans les collections muséales ou privées. On retrouve cependant la forme du visage, ici représenté, sur des poteaux Bahau plus récents (XIXe-XXe siècle), comme celui conservé au Dallas Museum of Art (n° 1984.11). Sa face anguleuse, en forme de cœur, trouve son origine dans le style Dong-son du Vietnam (7ème siècle avant J.C.).
L'ancienneté de ce poteau, attestée par sa patine, a été confirmée par les analyses au carbone 14 du laboratoire CIRAM (N° 0908-OA-195R-1, 08.10.08) situant sa création aux XII - XIIIe siècles. Il constitue, par la beauté et la richesse de sa composition, sa taille monumentale et sa très grande ancienneté, un témoin majeur de l'art ancien de Bornéo.


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