Lot 261
  • 261

poëmes saturniens Paris, Alphonse Lemerre, 1866

Estimate
18,000 - 24,000 EUR
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Description

  • Verlaine, Paul
  • poëmes saturniensParis, Alphonse Lemerre, 1866
édition originale. In-12 (181 x 111 mm).



tirage : un des 491 exemplaires sur vélin. Tirage limité à 505 exemplaires.



envoi autographe signé : "à Mr et Me Ate Dujardin, à mes chers cousins et excellents amis. Souvenir de leur affectueux P. Verlaine", sur un feuillet blanc, à l'encre brune.



reliure signée de noulhac, datée de 1949. Maroquin bleu, plats orné d'un décor à  répétition d'oeillets vert et rose dans des médaillons de maroquin brun séparés par des soucis oranges, dos à nerfs orné et mosaïqué, doublure de maroquin brun ornée en tête d'une guirlande florale mosaïquée de maroquin vert, orange et rose encadrant Saturne et son anneau, gardes de soie bleue, tranches dorées sur témoins, couverture et dos conservés. Chemise et étui.
Couverture et dos renforcée.



pièces jointes :
- Une lettre autographe signée de Paul Verlaine à un "cher poète inconnu", il lui annonce l'envoi des Poèmes saturniens et le remercie de ses éloges écrits "en strophes excellentes" (rue Lécluse 26 Paris Batignolles, 23 juin, 2 p. in-16, tachée).
- La célèbre lettre de Sainte-Beuve à propos des Poëmes saturniens signée par lui : "... Du talent il y en a et je le salue avant tout. Votre aspiration est élevée, vous ne vous contentez pas de l'inspiration, cette chose fugitive (...). Vous avez comme paysagiste, des croquis, des effets de nuit, tout à fait piquants (...)". Suit alors un ensemble de critiques sur des coupes, des césures ou l'emploi de certains mots : "Ne prenons point ce pauvre Baudelaire comme point de départ pour aller encore au-delà" (...) (10 décembre 1866, 3 p. in-8 montées sur onglet et pliées, avec enveloppe adressée à Paul Verlaine chez Lemerre timbrée 10 dec 66). Lettre citée dans Carteret, II, 413, et reproduite dans Correspondance générale, I, 1857-1885, p. 101 et s.

Provenance

Auguste et Elisa Dujardin (envoi).

Catalogue Note

Ce premier recueil de poèmes de Paul Verlaine fut probablement composé au cours de ses années de lycéen. Les Poëmes saturniens parurent à la fin du mois d'octobre 1866. Verlaine participa aux frais de l'édition, aidé par sa tendre cousine Elisa Moncomble, de huit ans son aînée, inspiratrice de nombreux poèmes du recueil. Alors que parait ce recueil, Elisa a épousé Auguste Dujardin, sucrier de Lécluse, dont elle eut deux filles.
Lorsque celle-ci mourut sans crier gare le 16 février 1867, Verlaine, alors âgé de 23 ans, s'adonna à la boisson. Blessé dans cet amour impossible, Verlaine se compare dans un des poèmes, Chanson d'automne, à une feuille morte que "le vent mauvais emporte deçà delà".
C'est cette lettre que l'on a jointe dans l' exemplaire que Jean Bonnerot reproduisit dans la Pléiade Sainte-Beuve, Correspondance générale, recueillie, classée et annotée par lui (XV, 1966, lettre 5017*, p. 399-401). Voici comment il décrit le document : "Manuscrit relié en tête d'un exemplaire des Poèmes saturniens, Lemerre 1867, qui porte cette dédicace : 'à M. et Mme Dujardin mes chers cousins et excellents amis, Paul Verlaine'.
Edmond Lepelletier, Paul Verlaine, sa vie et son oeuvre, Mercure de France 1907, p. 145-146, décrit ainsi la lettre de Sainte-Beuve : 'un véritable brevet de poète et d'artiste, décerné par un maître compétent et autorisé'. Verlaine s'en montra justement flatté. Il ne suivit toutefois pas les conseils de Sainte-Beuve."
G. Jean Aubry a étudié les libertés reprochées par Sainte-Beuve aux Poèmes saturniens dans son étude "Sainte-Beuve et Paul Verlaine", Mercure de France, tome 136, 1er nov. 1919, p. 87-88.