Lot 8
  • 8

René Magritte

Estimate
300,000 - 400,000 EUR
Sold
420,250 EUR
bidding is closed

Description

  • René Magritte
  • COLOMBE
  • signé Magritte en bas à gauche; signé Magritte et daté 1931 au dos
  • collage, aquarelle et mine de plomb sur papier

Provenance

Eric Estorick, Londres (acquis vers 1964)
Acquis du précédent par le présent propriétaire en 1982

Exhibited

(Probablement) New York, Bodley Gallery, Magritte, 1962
Paris, Musée Maillol, Magritte tout en papier. Collages, dessins, gouaches, 2006, no. 73, illustré en couleur dans le catalogue

Literature

Lawrence Campbell, Art News, New York, octobre 1962, probablement mentionné p. 14
David Sylvester (ed.), Sarah Whitfield & Michael Raeburn, René Magritte. Catalogue Raisonné. Gouaches, Temperas, Watercolours and Papiers Collés 1918-1967, Londres, 1994, vol. IV, no. 1653, illustré p. 320

Catalogue Note

Magritte exécute ses premiers collages en 1925, en même temps qu'il exécute ses premiers tableaux surréalistes. Dès ce moment, il élabore un répertoire de signes et de symboles qu'il utilise tout au long de sa carrière : l'homme au chapeau melon, la colombe, les papiers à musique entre autres, dont certains sont représentés dans cette œuvre. La partition dont Magritte s'est servi dans ce cas précis a été identifiée comme étant un extrait de la Flûte Enchantée de Mozart.

Colombe appartient à une série qu'il exécute au tout début des années soixante. David Sylvester explique dans son catalogue raisonné de l'œuvre de Magritte, que si cette œuvre fait partie d'un groupe de quatre collages qui ont été datés de 1931 (deux d'entre eux portant cette date de la main de Magritte au dos) ils ont manifestement été exécutés en 1961 et 1962. Tous les morceaux du même fragment musical étant présents dans chacun des collages. Magritte a du les antidater sans doute pour échapper à la vigilance de son marchand Iolas, alors qu'il vendait des œuvres en dehors de son contrat avec lui (David Sylvester, op. cit. p. 318).

L'utilisation de papiers découpés et collés, héritage du cubisme de Braque et de Picasso permet à Magritte d'explorer les mêmes principes d'absence de profondeur et de perspective qu'il développe dans ses peintures. En juxtaposant les éléments découpés et les éléments peints, l'artiste joue avec les notions de réalité et de représentation. Cette technique lui est particulièrement adaptée, car Magritte considère la réalité comme un rideau de scène et seuls des éléments tels que des murs, des cadres, des fenêtres ou des miroirs, lui permettent de donner des indications de profondeur, plutôt que le recours à la traditionnelle perspective.

 

signed 'Magritte' lower left; signed 'Magritte' and dated '1931' on the reverse; collage, watercolour and pencil on paper. Executed in 1961-62.

 

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