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Importante "commode à la grecque" en marqueterie d'époque Transition Louis XV-Louis XVI, vers 1760, estampillée Jean-François Oeben
Description
- estampillée Jean-François Oeben
- Haut. 84 cm, larg. 149 cm, prof. 59 cm
- Height 33 in, width 58 2/3 in, depth 23 1/4 in
Provenance
Literature
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
R. Stratmann-Döhler, Jean-François Oeben, Paris 2002
A. Pradère, "Madame de Pompadour et le goût grec", Connaissance des Arts, décembre 1989, p. 106-109.
Catalogue Note
Jean-François Oeben fut honoré du titre d'ébéniste privilégié du roi en 1754, puis d'ébéniste mécanicien du roi, il se serait fait recevoir maître ébéniste en 1761.
Les commodes à la grecque
Dans sa structure générale, ce type de commode à façade tripartite correspond à un modèle élaboré par Jean-François Oeben au tout début des années 1760 pour la marquise de Pompadour. Ces célèbres "commodes à la grecque", souvent entièrement en acajou et plus rarement en marqueterie avaient la particularité de présenter un ressaut central abritant des tiroirs au centre de la façade et des portes sur les côtés.
Oeben réalisa dans ces années là une série de commodes de ce type pour madame de Pompadour au château de Ménars (quinze), ses résidences de Versailles (une) et d'Auvilliers (une). Presque toutes ces commodes (au nombre de dix-sept) étaient en acajou et et le bois avait été fourni par madame de Pompadour. Deux d'entres elles, certainement un modèle plus luxueux, étaient en marqueterie et pourraient correspondre à celle que nous présentons. Dans son cabinet de toilette à l'Elysée, madame de Pompadour avait "une commode de bois satiné et de rapport garnie de ses tirroirs et coffres avec ornements de cuivre doré et d'or moulu, prisé 40 livres", et dans sa chambre à Ménars une "commode à trois tiroirs par le haut, deux dans le milieu et battans dans les côtés", prisée avec deux petites tables, 640 livres. L'inventaire du marquis de Marigny, frère et héritier de madame de Pompadour, au château de Ménars dressé en 1781 décrit "une commode à la Régence à deux armoires sur les côtés, de bois de rose à dés ornée de cuivre doré d'or moulu et marbre d'italie, 168 livres". Une autre avait été envoyée de sa demeure parisienne au pavillon du Roule, où figurait en 1775 dans la chambre de la marquise "une commode dans le goût antique plaquée à dés de différents bois de couleurs garnie de fonte dorée d'or moulu et son marbre de bleu turquin".
Une commode identique en marqueterie a été vendue chez Christie's à New York, le 1er novembre 1977, lot 136 ; cette commode, faisait à l'origine partie d'un ensemble avec une paire d'encoignures, vendue chez Sotheby's à Paris le 29 juin 2004, lot 75 et autrefois conservé dans les collections Gornmaston, à Gornmaston castle, Balbriggan ; une seconde a été vendue par Mr Rheims à la galerie Charpentier, le 15 juin 1955, lot 52. Une autre, similaire mais plus étroite est conservée au musée J. Paul Getty, Los Angeles (72.DA.54).
Une clientèle prestigieuse
Jean-François Oeben fut certainement l'un des plus créatifs et éminents ébénistes du XVIIIe siècle, période à laquelle le commerce du luxe connaissait un essor considérable. Bien qu'actif juste durant une quinzaine d'année, il connut une carrière étonnante. Le Livre-Journal de Lazare Duvaux nous apprend que dès 1752, il fournit le célèbre marchand-mercier et que déjà madame de Pompadour achetait des meubles d'Oeben. Le Journal du Garde-meuble indique ses livraisons pour la cour à partir de 1754 et son inventaire après décès dressé en 1763 nous renseigne sur ses clients. A la lumière de ces documents, on constate que sa clientèle faisait partie de la famille royale, la haute aristocratie, les financiers et les hauts fonctionnaires de l'administration de la Couronne ; beaucoup appartenaient à un cercle influent qui se voulait l'arbitre du bon goût et de la mode.