Lot 102
  • 102

Meuble d'appui en marqueterie d'écaille brune, laiton et étain, panneaux en laque du Japon du XVIIIe siècle, placage d'ébène, réalisé au XIXe siècle, vers 1840

Estimate
200,000 - 300,000 EUR
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Description

  • Haut. 97 cm, larg. 76 cm, prof. 46 cm
  • Height 38 1/4 in, width 30 in, depth 18 1/4 in
la façade et les côtés ornés de panneaux en laque du Japon, à décor de fleurs stylisées et feuillages en ceinture et de scènes de paysage, à décor or sur fond noir dans des encadrements en marqueterie d'écaille, rinceaux et arabesques ; ouvrant à un tiroir surmontant un vantail orné d'un panneau en marqueterie de bois clair sur fond d'amarante représentant une scène du Nouveau Testament ; ornementation de bronze doré : encadrements, bordures, godrons stylisés, rosaces et  pieds feuillagés ; les panneaux en laque ; plateau de marbre Portor ; (réalisé  vers 1840 à partir d'éléments plus anciens) 

Provenance

Collection privée européenne

Catalogue Note

Ce type de meubles s'inscrit dans la parfaite continuité du renouveau pour "les meubles précieux de Boule le père " remis au goût du jour dans les années 1760 par certains ébénistes comme Etienne Levasseur, Philippe-Claude Montigny,  Jean-Louis Falaizot Delorme, René Dubois, Joseph Baumhauer et  Adam Weisweiler largement influencés par des marchands-merciers comme la dynastie des Julliot, principal intermédiaire dans le commerce des meubles de Boulle et néo Boulle dans le dernier quart du XVIIIe siècle.  Parallèlement, l'utilisation ou le réemploi de panneaux précieux en pierres dures et laques orientales sur des pièces de mobilier livrés par Dominique Daguerre et Martin-Eloi Lignereux témoignent de cette recherche permanente pour surprendre et satisfaire une clientèle de plus en plus exigeante à la veille de la Révolution. Cette mode perdure jusqu'en 1800 même si quelques audacieux collectionneurs anglais comme le comte d' Elgin, William Beckford ou le comte de Malmesbury parviennent encore à effectuer quelques achats. Il faut réellement attendre les années 1820 pour que renaisse à nouveau l'engouement pour le mobilier Boulle et ses interprétations néoclassiques. A cette période, les aristocrates anglais sont les plus grands acheteurs pour ce type de mobilier qu'ils se procurent à Paris chez certains marchands comme Levasseur jeune qui tient boutique au Bazar Parisien.

Ce cabinet, incorporant des panneaux en laque du Japon du XVIIIe siècle et des éléments en marqueterie Boulle, s'inscrit dans la pure tradition des réalisations des marchands-merciers de l'Ancien Régime, de celles du début du XIXe siècle (comme la paire de cabinets provenant de Longleat, vendue par Christie's Londres le 13 juin 2003, lot 330) et celles du Boulle revival  des années 1820-1840