Lot 327
  • 327

Rare aiguière en argent et vermeil, poinçon d'orfèvre PH, probablement Quimper, vers 1580

Estimate
50,000 - 80,000 EUR
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Description

  • Haut. 24,3 cm ; 9.57 in. high
reposant sur un piédouche mouluré d'une frise d'oves en vermeil, elle-même sommée d'une frise en vermeil de motifs ovales entourés de rinceaux formant une chaîne, ornée de motifs en forme de H, le corps légèrement tronconique reposant sur un noeud ciselé de godrons en vermeil, la partie inférieure du corps appliquée d'une frise de godrons unis sommée de fleurs stylisées sur fond amati, la partie supérieure en argent blanc cintrée d'une frise d'oves en vermeil, le col mouluré d'une frise de filets en vermeil, le bec verseur en vermeil de forme triangulaire à ouverture en coeur et soutenu par une tête d'homme coiffé de plumes, l'anse creuse en double volute, l'extérieur en vermeil gravé d'une frise de quartefeuilles et rinceaux sur fond amati, l'intérieur en argent blanc ciselée dans la partie inférieure de motifs de vagues sur fond bistré, les deux attaches en vermeil en forme d'enroulement ajouré d'un motif rectangulaire, le corps appliqué (probablement à l'époque) d'un écusson gravé d'armoiries, le piédouche gravé sous la bâte *LE*KERGOVET* précédé d'une initiale I ou T (chocs sur l'anse)

Catalogue Note

Les armes d'alliance sont celles de la famille Honoré, de Bretagne, qui donna plusieurs conseillers à la Chambre des Comptes de Bretagne.

Ce poinçon d'orfèvre est illustré dans Les Orfèvres de basse Bretagne, Cahiers du Patrimoine, 1994, p. 116. Il a été relevé sur quelques objets conservés dans la partie de Cornouaille située à l'ouest de Quimper (calice et patène (illustrés dans le même ouvrage n° 61 p. 258), ciboire , patène).

Cette aiguière est sans doute la plus ancienne pièce civile bretonne à l'exception de coupes. On peut la rapprocher d'une aiguière en argent et vermeil au poinçon de Paris, 1603-1604, figurant dans les collections du musée des Arts décoratifs de Paris, étudiée par Michèle Bimbenet-Privat et illustrée dans l'Estampille-L'Objet d'Art, fiche 366 B. Une autre, en argent blanc, également au poinçon de Paris, est conservée au château d'Ecouen, musée national de la Renaissance, datant de 1554-1555. On peut encore la comparer à deux autres aiguières parisiennes en argent et vermeil illustrées dans l'ouvrage de Michèle Bimbenet-Privat, l'Orfèvrerie Parisienne de la Renaissance, Centre Culturel du Panthéon, 1995, p. 146 et 147, datées de 1665-1666 et 1578-1579.
Cependant l'aiguière que nous présentons présente une décoration plus sophistiquée dans les parties dorées, en particulier au niveau du bec verseur. Le support du bec orné d'une tête de sauvage permet un rapprochement avec les aiguières créées à la même époque en Espagne, voir par exemple celle au poinçon de Valldolid illustrée dans la plateria de la Collecion Varez-Fisa, 2000, p. 93 ou celle au poinçon de Tortosa, illustrée dans le même ouvrage p. 97.