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Nicolas de Staël
Description
- Nicolas de Staël
- Paysage de Provence
- signé
- huile sur toile
- 50 x 61 cm; 19¾ x 24 in.
- Exécuté en 1953.
Provenance
Jacques Dubourg, Paris
A. Wahsltrôm, Oslo
Exhibited
Literature
Jacques Dubourg, Françoise de Staël, Nicolas de Staël: Catalogue des Peintures, Paris, 1968, p.268, n.605, illustré
Françoise de Staël, Nicolas de Staël: Catalogue Raisonné de l'Oeuvre Peint, Neuchâtel, 1997, p.445, n.656, illustré
Condition
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Catalogue Note
"On ne peint jamais ce qu'on voit ou croit voir". 1952 marque un tournant pour l'art de Nicolas de Staël. Après 10 ans de ce qui fut considéré comme de la peinture abstraite, de Staël "retrouve" un style plus figuratif, un changement considéré par ses contemporains comme une trahison. Cependant le changement dramatique dans l'œuvre de de Staël ne doit pas être réduit au simple retour a un style passe. Au contraire, il devrait être considéré comme une tentative de réconciliation de deux approches artistiques, l'art figuratif et l'art abstrait, qui en apparence semblaient irréconciliables. En effet, les critiques qu'étaient M. Arland et A. Chastel pensaient que Nicolas de Staël était le seul artiste de sa génération a s'être libéré d'un esthétisme non-figuratif pour marier les formes abstraits avec son vécu. D'autres, tels que Douglas Cooper, étaient plus convaincu par son expression abstraite. Néanmoins, ils le respectaient pour avoir résisté a la vague "abstraite" de son temps, et ose "saisir le monde visible et en fixer les reflets dans ses œuvres". Ce fut cette tension entre sa peinture et le monde extérieur, et le rapport entre les objets qu'il peignait qui commençait à le préoccuper le plus. Pour être véritable, la peinture de de Staël requiert des expressions abstraites et figuratives simultanées. Le Réalisme était "inepte", impossible, faux, et cependant ignorer la réalité extérieure l'était d'autant plus. Cette approche paradoxale de la peinture est le mieux expliquée, et d'une manière fort poétique, par de Staël lui-même: "L'espace picturale est un mur mais tous les oiseaux y volent librement". En suivant cette conviction, de Staël place le spectateur dans une position ou il est forcé de s'extraire des croyances conventionnelles a l'égard de la bipolarité du figuratif et de l'art abstrait, pour accepter l'unité harmonieuse qui lui est offerte.
Réalisée en 1953, l'œuvre présente est un excellent exemple de cette expression artistique. Utilisant un collage de formes, l'artiste crée une mosaïque de couleur mélodieuse qui parvient a traduire l'ambiance et l'intensité émotionnelle de l'ensemble. Des couches chromatiques donnent un sens de perspective et d'équilibre; la palette de bleu et gris reflète la lumière de Provence, alors que cette lumière est destinée a vaciller au gré des éclats soudains de couleurs vives. Un paysage nébuleux, de songes, constitué de bleus glacials et de verts fougueux est combiné avec un horizon sans fin de gris ondulants. L'ensemble dégageant une impression de tranquillité, de volupté, et de solitude.