- 43
Martial Raysse
Description
- Martial Raysse
- Tableau cassé
- signé, daté 64 et titré au dos
- technique mixte sur panneau
- 130 x 97 cm; 51¼ x 38¼ in.
- Exécuté en 1964.
Provenance
Collection Betty Barman, Bruxelles
Acquis directement auprès de celle-ci par l'actuel propriétaire
Catalogue Note
Le 27 octobre 1960, Martial Raysse signe avec Arman, François Dufrêne, Raymond Hains, Daniel Spoerri, Jean Tinguely, Jacques Villeglé et Yves Klein La Déclaration constitutive du Nouveau Réalisme.
Les nouveaux réalistes prennent conscience de leur singularité collective. Ils prennent position en faveur de nouvelles approches perspectives du réel, de la nature moderne qui est celle de l’usine et de la ville, de la publicité et des mass média.
Pourtant comme l’a souligné Pierre Restany, si Raysse a partagé avec le nouveau réalisme le fondement d’un langage et un certain sens de la modernité, il a très vite orienté sa démarche vers un développement parfaitement autonome.
Fasciné par la beauté brute du plastique, Raysse écume les grands magasins et développe son concept d’ "hygiène de la vision".
Avec la série des Tableaux objets, Martial Raysse met en scène l’image à la fois sensuelle et artificielle, douce et froide, distanciée et lyrique de la société de consommation, en particulier du mannequin type des années 1960, Venus moderne déclinée et mise en scène dans des couleurs acidulées.
A la différence des visages de stars universelles d’Andy Warhol, Raysse utilise des visages anonymes.
Dans Tableau Cassé, œuvre peinte en 1964, un visage vert, figure androgyne se dégage d’un fond qui semble être en papier peint. La silhouette est simplifiée.
Les cheveux sont d’un jaune quasi fluorescent, le regard sombre est éclairé d’une pointe de rouge.
Ces couleurs éclatantes et synthétiques sont comme répandues à la bombe sans recherche d’harmonie. Raysse joue avec les clichés du bon et du mauvais gout. Il déclare d’ailleurs que pour lui la beauté c’est le mauvais gout.
Raysse ne peint pas, il construit l’image, assemble, mélange différentes techniques comme la sérigraphie, la photographie, le flocage, le collage.
Le coin supérieur droit du tableau est plié, cette intervention sur l’œuvre donne au spectateur l’illusion d’une page de magasine que l’on aurait cornée pour pouvoir la retrouver plus facilement, comme si Raysse voulait mettre en relief cette image la faire sortir du lot des images auxquelles nous sommes quotidiennement confrontés.
Je n'ai jamais fait de peinture, j'ai toujours travaillé sur des images. À les transformer, à en tirer un nouveau langage.