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La Postérité du Soleil. Maquette originale avec photographies et manuscrits autographes. 1952-1965.
描述
- camus, albert -- char, rené
- La Postérité du Soleil.Maquette originale avec photographies et manuscrits autographes.1952-1965.
- une page de titre autographe par Camus ;
- 33 photographies d'Henriette Grindat (tirage d'époque, noir et blanc, 295 x 240 mm) dont 3 non reprises dans l'édition originale ;
- le manuscrit autographe de 28 des 30 textes de Camus s'y rapportant, chaque texte écrit sur un feuillet contrecollé au verso de chaque photographie, et le manuscrit d'un des 30 textes écrit par René Char au crayon ;
- les épreuves corrigées de ces 28 textes, corrections à l'encre noire par Camus, au crayon par Char. Les épreuves, précédemment contrecollées sur les versions autographes de Camus, ont été déplacées, le plus souvent au dessous des versions autographes ;
- le manuscrit autographe du texte de Char titré "Topologie de La Postérité du Soleil", nombreuses corrections et ajouts (2 p. in-4) ;
- le manuscrit autographe du texte de Char titré "Biographie succinte d'Albert Camus" avec la bibliographie de Camus de la main de Char (2 p. in-4 et 1 p. in-8) ;
- le manuscrit autographe du texte de Char titré "Je veux parler d'un ami", daté du 18 octobre 57 et offert en 1965 par Char à l'éditeur Edwin Engelberts ; quelques corrections (3 p. in-4) ;
- le manuscrit autographe du texte de Char titré "L'Eternité à Lourmarin", manuscrit de travail extrêmement corrigé, daté d'avril 1960 (2 p. in-4) ;
- le manuscrit autographe d'un texte de Char, annonçant La Postérité du Soleil et publié sous la signature de Jean-Pierre Roux, maire de L'Isle-sur-la-Sorgue, dans la plaquette de souscription (1 p. in-4) ;
- le tapuscrit corrigé du texte de Char titré "Naissance et jour levant d'une amitié", directement dicté par Char (aucun manuscrit autographe connu), nombreuses corrections et ajouts, daté du 12 janvier 65 (8 p. in-4) et le bon à tirer du même texte, abondamment corrigé par Char et daté du 18 février 65 (5 p. petit in-4).
拍品資料及來源
"La Postérité du Soleil naquit de la rencontre d'une jeune photographe, Henriette Grindat, du plaisir que Camus prenait de plus en plus à parcourir ce pays de la Sorgue, et de mon désir, quand je vis les premières photographies... d'obtenir des images, des portraits, des paysages du Vaucluse, qui différaient des photographies-cartes postales" écrit René Char dans la postface de l'ouvrage.
Le projet remonte à 1951. Camus écrit à Char : "cet effort est exténuant. Le résultat : je n'ai ni une goutte d'énergie supplémentaire, ni surtout assez de fraîcheur pour le texte de ces photos. Je les regarde et je profite d'elles." Camus achève cependant le manuscrit des textes en 1952 et demande à Char un texte pour accompagner les aphorismes qu'il a composés. Ce sera De moment en moment. L'édition de l'ouvrage sera sans cesse ajournée jusqu'à la mort accidentelle de Camus en 1960. Francine Camus confie alors le manuscrit de La Postérité du Soleil à Char, qui prépare Lettera amorosa avec l'éditeur genevois Engelberts. Char et son éditeur reconnaissent la forte valeur émotionelle du projet, qu'ils considèrent vite comme le testament posthume et lumineux d'Albert Camus. Les efforts entrepris par Char et Engelberts pour enfin éditer La Postérité du Soleil aboutiront en 1965, presque quinze ans après l'achèvement du manuscrit de Camus.
Ce dossier très complet, comprenant les manuscrits autographes de tous les textes de Camus et de Char parus dans l'ouvrage, éclaire la genèse d'une oeuvre écrite à deux mains : par exemple pour le texte VII, Camus avait écrit "Voici le lit de l'amour. La place est déjà chaude. On les entend rire, au loin." Char a corrigé : "Voici le proche lit de l'amour. La place est encore chaude. On les entend rire au loin."
Le texte de Char, "L'Eternité à Lourmarin", s'impose comme un des plus déchirants textes de deuil écrit par un écrivain pour un autre :
"Cerne après cerne, s'il approche, c'est pour aussitôt s'enfouir. Son visage parfois vient s'appliquer contre le nôtre, ne produisant qu'un éclair glacé. Le jour qui allongeait le bonheur entre lui et nous n'est nulle part. Toutes les parties presque excessives d'une Présence se sont d'un coup disloquées. Pourtant cet être supprimé se tient dans quelque chose de rigide, de désert, d'essentiel en nous, où nos millénaires ensemble font juste l'épaisseur d'une paupière. Avec celui que nous aimions, nous avons cessé de parler et ce n'est pas le silence..."