Lot 87
  • 87

noa noa Paris, Editions de la Plume, 1901

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Description

  • Paul Gauguin
  • noa noaParis, Editions de la Plume, 1901
édition originale. In-8 (195 x 132 mm).



envoi autographe signé : "à Mathias Morhar[dt], mon très ancien ami Charles Morice 1901", sur le faux-titre.



reliure de l'époque. Demi-vélin blanc, dos long, couverture conservée.
Le nom du destinataire de l'envoi a été partiellement rogné par le relieur.

Provenance

Mathias Morhardt (envoi).

Literature

Gauguin Tahiti, l'Atelier des Tropiques, p. 138-142.

Catalogue Note

Noa Noa est le plus célèbre des écrits tahitiens de Paul Gauguin. Présentant avec passion les coutumes, l'histoire et les paysages de Tahiti, cet ouvrage est aussi une autobiographie du peintre. Rédigé en 1893 à Paris à partir de notes prises à Tahiti, ce livre était destiné à éclairer le public sur les toiles peintes en Polynésie qui paraissaient par trop mystérieuses ou ésotériques. Certaines pages sont de véritables réquisitoires contre la société occidentale. Gauguin chargea son grand ami Charles Morice, poète symboliste, de mettre en forme le "livre pour faire comprendre sa peinture". Mais la publication du texte, achevé en 1894, rencontrera de nombreux obstacles. En 1897, après des tentatives infructueuses de Charles Morice, Gauguin essaie de le faire publier à Tahiti mais en vain : "J'ai toujours espoir de voir Noa Noa imprimé avant de mourir" écrit-il alors à Morice. Une partie du texte paraît dans La Revue Blanche en 1897 puis, par extraits en 1901, dans La Plume et L'Action humaine. Morice manoeuvre alors pour publier Noa Noa sans en informer Gauguin. Le 12 avril 1901, ce dernier fait paraître également quelques extraits dans le journal tahitien auquel il collabore, Les Guêpes, avant de déménager pour les Marquises. Après avoir demandé l'aide de Mallarmé, Morice parvient enfin en juillet 1901 à éditer Noa Noa, à compte d'auteur. Mais l'éditon n'est pas approuvée par Gauguin, pour des questions de droits d'auteur mal négociés. Il refuse la proposition de s'en faire envoyer 100 exemplaires par Morice mais demande en secret à Daniel de Monfreid : "On a imprimé Noa Noa à mon insu. Si vous mettez la main dessus, envoyez moi un exemplaire" (novembre 1901). Gauguin n'en recevra jamais un seul exemplaire et mourra sans avoir vu son plus important manuscrit enfin publié.  
Mathias Morhardt était un critique d'art suisse, défenseur notamment de Ferdinand Hodler. Il est cité par Apollinaire dans un de ses articles (voir Oeuvres en prose complètes, II, Pléiade, p. 606).