Lot 12
  • 12

serment prononcé par la compagnie des volontaires du port-au-prince. le 12 juillet 1790 Port-au-Prince, Imprimerie de Mozard, [1790]

bidding is closed

Description

  • [haïti]
  • serment prononcé par la compagnie des volontaires du port-au-prince. le 12 juillet 1790Port-au-Prince, Imprimerie de Mozard, [1790]
Placard imprimé et gravé (327 x 213 mm). Minimes rousseurs pâles, trace de pliure en 4.

Literature

J.-M. Champion, in Dictionnaire Napoléon sous la direction de Jean Tulard, pp. 689-691.

Catalogue Note

Saint-Domingue [Haïti aujourd'hui], dénommée à l'époque "la Perle des Antilles", est la plus riche des possessions de la France dans le Nouveau Monde du XVIIIe, et compte pour un tiers du commerce extérieur français. La société de Haïti est esclavagiste, 30 000 Blancs gouvernant un demi-million de Noirs et 30 000 affranchis, catégories elles-mêmes divisées selon leur niveau économique. "On a souvent comparé Saint-Domingue à un baril de poudre" (in Tulard, Dictionnaire Napoléon, p. 689).
Ce Serment fut prononcé le 12 juillet 1790, instaurant l'Assemblée Coloniale de Saint-Domingue tout en réaffirmant le statut colonial de l'île, et en l'assortissant de l'astreinte selon laquelle la protection qu'elle implique "ne sera reconnue par le voeu général de la Colonie, en tant qu'elle ne s'écartera jamais, sous aucuns prétextes, des Décrets de l'Assemblée Nationale".
Les principes politiques auxquels ces décrets de l'Assemblée révolutionnaire astreignent la population de l'île, droits pour certains, obligations pour d'autres, mèneront tout droit à l'éclatement de la guerre civile, à laquelle se mêleront et l'Espagne (1793-1795) et l'Angleterre (1793-1798). De cette guerre naîtra la nation des Noirs d'Haïti, refusant l'esclavage les armes à la main, et menés par un chef noir, Dominique Toussaint-Louverture. Si l'abolition de l'esclavage qui s'ensuit à Saint-Domingue est née d'une initiative locale en août 1793, elle est officialisée par la Convention à Paris six mois plus tard en février 1794, et provoque un durcissement des combats dans l'île, les chefs noirs luttant sous le drapeau tricolore pour faire appliquer le droit national. Toussaint-Louverture ayant cependant outrepassé les priorités du Consulat, et poursuivant seul son rêve autonomiste, plongera son pays dans une nouvelle guerre. Sa chute (mai 1802) n'est qu'un incident dans un conflit généralisé, compliqué encore par la décision métropolitaine de rétablir l'esclavage. Haïti aura triomphé néanmoins, devenant le 1er janvier 1804, le second Etat indépendant du continent américain.
Le placard sortit des presses de l'imprimeur Mozard dont la fille, Laurette, rentrée en France, rédigera d'intéressants Mémoires d'une créole du Port-au-Prince, Saint-Domingue, en 1844.