Lot 54
  • 54

Superbe trompe en ivoire , Mende, Sierra Léone

Estimate
30,000 - 40,000 EUR
bidding is closed

Description

  • Mende
  • Superbe trompe en ivoire
  • long. de la courbe externe : 78 cm
  • 30 3/4 in
La pointe en ivoire, de très belles proportions, offre un décor majestueux, dominé par une tête d'homme coiffé d'un casque colonial, dont le visage surplombe un personnage féminin. Le corps nu, déployé le long de la courbe externe, réunit les traits caractéristiques de la statuaire Mende : formes aux courbes souples, seins généreux, yeux fermés étirés, lèvres fines, haut front bombé, coiffure élaborée, en tiare. Très grande richesse de l'imagerie : canon, fleurs, croix, blasons... A l'arrière, l'embouchure en losange est percée sur la nuque. Belle patine nuancée, laiteuse dans les creux, beige sur les reliefs.

Provenance

Mario Meneghini, Italie
Armando Scamperle, Rome
Accompagnée d'un certificat de Jacques Kerchache, daté du 23 mai 1979

Catalogue Note

Cette majestueuse trompe en ivoire se rattache à la tradition des arts dits « afro-portugais » dont le terme, inventé par William Fagg en 1959, désigne les œuvres, le plus souvent en ivoire, créées par des artistes de la Côte de Guinée sur commande portugaise entre la fin du XVe siècle et le milieu du XVIe siècle. Leur imagerie associe, comme ici, des thèmes et des motifs décoratifs puisés dans les répertoires iconographiques indigènes et européens.

Ici, les motifs tirés de l'imagerie européenne, à la fois militaire (canon, blasons) et religieuse (le cœur et la croix), permettent de la dater mi-XIXe siècle ou antérieur. Jacques Kerchache, dans le certificat qu'il écrivit en 1979 pour Armando Scamperle, estime qu'elle pourrait dater du XVIIe siècle. S'appuyant sur les écrits de Bassani et Fagg (1988 : 91), il souligne que l'emplacement de l'embouchure - latérale, percée dans la courbe interne - indique qu'elle a été créée pour un usage africain, jouée transversalement (tandis que les cornes sculptées pour être utilisées par les européens présentent une embouchure sommitale). Selon Kerchache, cette trompe "exceptionnelle à divers titres [...] doit avoir été commandée par un chef local important, comme objet de prestige et soigneusement conservée en tant que tel. [elle constitue] un exemple exceptionnel de la rencontre de deux cultures".