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Rare sommet de canne en bronze, préalablement attribué aux Soninké, probablement Beafada ou Badyaranke , Guinée-Bissau
Description
- Rare sommet de canne en bronze, préalablement attribué aux Soninké, probablement Beafada ou Badyaranke
- haut. 16,5 cm
- 6 1/2 in
Provenance
Acquis en 1958 sur le terrain, en Guinée-Bissau, auprès d’un chef coutumier
Catalogue Note
Les cannes sônô sont extrêmement rares. Bassani (2002 : 34) en dénombre une douzaine dont la plupart, comme ici, ne sont plus représentées que par leur sommet en bronze fondu à la cire perdue, la canne en fer qui les supportait ayant été perdue. Pendant longtemps identifiées comme Soninké, elles sont aujourd’hui attribuées aux Beafada, Badyaranke, Malinké et Fula, peuples ayant vécu dans la région composant aujourd’hui la République de Guinée et la Guinée-Bissau.
Leur histoire est liée à la fois à l’une des traditions d'artistes les plus anciennes de l’Afrique de l’Ouest – celle des cannes en métal, insignes de pouvoir ou objets de culte-, et à la riche épopée historique de la région. En effet, parmi les hypothèses établissant l’origine de leur présence en Guinée-Bissau, la plus plausible est qu’elles auraient été emportées, dès le XIIIe siècle, par les chefs des groupes armés poursuivant vers le sud la politique expansionniste du grand Empire du Mali (McNaughton in Phillips, 1995 : 496-497).
Elles étaient utilisées comme insigne de dignité, comme symboles et incarnations des pouvoirs associés au métal, et enfin comme supports de palabres, avant que ne soient entreprises des décisions majeures, telles les guerres (idem). Leur iconographie comporte généralement, comme ici, un cavalier armé (le cheval étant considéré comme une marque de pouvoir et de prestige), un ou plusieurs personnages debout, et parfois un chien, dont la signification demeure inconnue.
Parmi les rares cannes ou sommets de canne sôno répertoriés figurent en particulier l’exemplaire conservé au National Museum of African Art, Washington (cf. Selected works from the Collection of the National Museum of African Art, 1999 : 30) et celui de la collection Udo Hortsmann, Zurich (in Bassani, 2002 : 35) de qualité et d’ancienneté comparables.
Leur datation, pour les plus anciennes, remonte aux XVIIe-XVIIIe siècles ; ici, la qualité de la fonte, le style et le type de la patine permettent de rattacher ce sommet de canne à cette toute première période.
Enfin, il se distingue également par la très belle fluidité des lignes et la vigueur de la composition, conférant à cette miniature une vraie monumentalité.