Lot 264
  • 264

Puissante statue féminine , Sénufo, Côte d'Ivoire

Estimate
90,000 - 120,000 EUR
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Description

  • Sénufo
  • Puissante statue féminine
  • haut. 77 cm
  • 30 1/3 in
Cette statue de femme assise se caractérise par l'extraordinaire puissance de sa sculpture, avec ses volumes aux formes schématiques projetés dans l'espace, sa surface aux contours épannelés, le rythme offert par la distorsion des membres asymétriques et le mouvement imprimé par les jambes. Assise sur un siège circulaire, les jambes se fondant dans l'épaisseur des pieds du tabouret, elle offre un beau contraste entre le visage étroit, presque plat - arcades sourcilières profondément arquées se rejoignant à la naissance du nez droit, bouche incisée - et la rondeur de la tête vue de profil, la courbe crânienne soulignée par la crête sagittale, et les oreilles semi-circulaires. Elle porte les scarifications Sénufo classiques : lignes parallèles ornant les joues, le torse, et disposées en motif rayonnant autour du nombril proéminent. Bois très dur. Superbe patine brune, profonde, brillante sur les reliefs.

Provenance

Galerie Leloup, Paris

Literature

Reproduite et exposée dans :
Leloup, Féminité, 2003 : n° 10, catalogue de l'exposition, Galerie Leloup, juin 2003

Catalogue Note

"[Quelques collectionneurs et grands marchands] m'ont aidé à développer une profonde capacité à apprécier les œuvres hors du commun" (Andreas Lindner, mars 2007). Cette statue Sénufo constitue sans aucun doute l'une des sculptures les plus stylistiquement atypiques du corpus de la statuaire Sénufo.

Son iconographie - assise sur un siège circulaire, le buste hiératique, les jambes se fondant dans l'épaisseur des pieds du tabouret - le visage à la face plane s'achevant par un menton prognathe, la coiffure en crête sagittale et surtout les scarifications - lignes parallèles ornant les joues, le torse, et disposées en motif rayonnant autour du nombril proéminent - permettent de l'attribuer avec certitude aux Sénufo.

Elle se distingue des styles Sénufo classiques par l'exceptionnelle puissance offerte par les volumes projetés dans l'espace, aux formes schématiques et à la surface épannelée, par la vigueur et le rythme dans l'association des formes, la distorsion des membres, l'asymétrie de la composition et le mouvement imprimé par le bas du corps.

La profonde patine incrustée dans le bois très dur atteste sa grande ancienneté, permettant de formuler l'hypothèse selon laquelle elle constituerait une des formes archaïques de la statuaire Sénufo.

Selon Glaze (in Barbier, 1993 : 24), "des statues imposantes étaient demandées par les propriétaires de grands sanctuaires yasungo, ainsi que par les chefs de la société du poro. Certains propriétaires de yasungo auraient gardé propres et huilées ces figures d'esprits, plutôt que de les recouvrir de matière sacrificielle comme c'est en général le cas". Cette puissante statue féminine peut donc vraisemblablement être interprétée comme une figure d'ancêtre, conservée pendant plusieurs générations dans un sanctuaire yasungo.
Il est également possible qu'elle soit liée à la puissante association féminine du Sandogo, dont les responsabilités sont à la fois sociales et religieuses, les femmes assumant le rôle majeur de médiateurs rituels entre les hommes et le monde surnaturel (Glaze, 1981 : 46). L'importance de cette sculpture suggère qu'elle pourrait représenter une nërëjäö, chef de chaque lignage Sénufo, et idéologiquement considérée comme la "tête" de l'association masculine du poro.  

A powerful Senufo female figure, Ivory Coast

"[A few collectors and leading dealers] helped me to develop a deep capacity to appreciate works that are out of the ordinary" (Andreas Lindner, March 2007). The offered Senufo figure is, without a doubt, one of the most stylistically atypical sculptures in the corpus of Senufo statuary.

Notwithstanding, the iconography of the piece indicates, with certainty, a Senufo attribution, namely the figure seated on a circular stool, the bust in a hieratic attitude and the legs merging into the thickness of the stool legs, the flat plane of the face ending in a prognathic chin, hair shaped into a sagittal crest, and above all, scarifications – parallel lines decorating the cheeks and torso, arranged in a radiating pattern around the protruding navel.

The figure departs from the classic Senufo styles by the exceptional power produced through the volumes projecting into space, the simplified forms, the rough-hewn surface, the vigour and rhythm created by combining forms, the distortion of the limbs, the asymmetry of the composition and the movement marked by the lower part of the body. The deeply encrusted patina on extremely hard wood shows the piece has great age. It is plausible to consider the offered figure is an archaic form of Senufo statuary. 

According to Glaze (in Barbier, 1993: 24), "imposing statues were requested by the owners of the yasungo sanctuaries, as well as by the chiefs of the poro society. Some yasungo owners kept these spirit figures clean and oiled rather than covering them in sacrificial material, as was usually the case”.  This powerful female figure can, in all likelihood, be interpreted as an ancestor figure, which was preserved for several generations in a yasungo sanctuary.

The offered figure may be linked to Sandogo, a powerful female society.  The responsibilities of the association are both social and religious – women assume the important role of ritual mediator between men and the supernatural world (Glaze, 1981: 46). The size and dominance of this sculpture suggests that she could represent the nërëjä ö, leader of every Senufo lineage, ideologically considered to be the "head" of the masculine poro society.