Lot 198
  • 198

Suberbe proue de pirogue sauromorphe, Iatmul, Moyen Sépik, Papouasie Nouvelle-Guinée

Estimate
25,000 - 35,000 EUR
bidding is closed

Description

  • Suberbe proue de pirogue sauromorphe, Iatmul, Moyen Sépik
  • long. 101 cm
  • 39 1/2 in
Cette proue de pirogue représente une tête de crocodile, probablement un caïman, sculptée de manière réaliste, la mâchoire fermée sur des dents apparentes, les yeux en relief incrustés de coquillages conus arasés, la peau d'écaille indiquée sur le pourtour de la mâchoire. Un oiseau casoar sculpté en ronde-bosse est penché en avant, le bec plongeant au milieu d'un cercle gravé sur le nez du saurien. Belle patine grise, avec traces de pigments.



 

Provenance

Ancienne collection Maurice Bonnefoy, New York 

Literature

Reproduite et exposée dans :
Greub, Kunst am Sepik, 1985 : 189, n° 71, catalogue de l'exposition, Tribal Art Center, Basel, 1985 - 1988

Catalogue Note

Cette superbe tête de crocodile, combinée à la figure de l’oiseau casoar, évoque l’image du crocodile mythique, ancêtre fondateur du clan. Figure de proue d'une pirogue de guerre, elle fut arrachée à sa structure d'origine comme le montre la face interne du bois, restée brute.
cf. Kelm (1966 : n°491- 495) pour des figures de proue stylistiquement très comparables, conservées au Museum für Völkerkunde de Berlin.

Le crocodile représente un animal très important dans les mythes fondateurs Iatmul : c’est lui qui créa la terre ferme dans le milieu aquatique, en y ajoutant sa salive et en battant l’eau avec sa queue. Il constitue donc un motif iconographique privilégié, présent à la fois sur les éléments de décor sculpté et les objets cérémoniels. De plus, des statues de crocodiles conservées dans les maisons cérémonielles étaient sorties lors du décès d’un membre du clan, invitait ainsi le crocodile fondateur à accompagner l’âme du défunt en aval du fleuve, au pays des morts. Enfin, pendant les rites d’initiation, les jeunes hommes sont symboliquement avalés par le crocodile et leur peau scarifiée rappelle cette union avec l’être primordial (cf. Kaufmann in Peltier, 2006 : 112-113 et 408, n°43).