Lot 89
  • 89

[Proust, Marcel]--Rivière, Jacques Marcel Proust [Manuscrit autographe signé de l’article]. 18 novembre 1922.

Estimate
15,000 - 25,000 EUR
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Description

  • [Proust, Marcel]--Rivière, Jacques
  • Marcel Proust[Manuscrit autographe signé de l’article]. 18 novembre 1922.
Manuscrit autographe signé de l’article « Marcel Proust », écrit aussitôt après la mort de Proust, le 18 novembre 1922.



3 pages in-8 sur 2 doubles feuillets, à l’encre.
Nombreuses ratures, corrections et ajouts.

« Un malheur affreux vient de nous frapper frappe les lettres françaises : Marcel Proust est mort (…) Malgré la vie cloîtrée qu’il menait depuis plusieurs années déjà, rien dans sa santé ne semblait irréparablement atteint ; il avait même un fonds de résistance qui étonnait ses amis et les empêchait d’imaginer que la maladie pût jamais le vaincre. Une petite grippe qu’il n’a pas su ni voulu soigner, a traîtreusement déjoué ses défenses et nous l’a pris… ».

Catalogue Note

D’une écriture hâtive où se décèlent les traces de l’émotion, ce texte a été écrit juste après que Jacques Rivière eût reçu la carte pneumatique de Reynaldo Hahn lui annonçant que Proust venait d'expirer à 5 heures ½ du soir. Le compositeur et le frère de l’écrivain, Robert, étant à son chevet, ils avaient voulu que Jacques Rivière fût « un des premiers prévenus », sachant que « Marcel avait pour (lui) une amitié et une estime particulières » (Cf. Kolb, Correspondance de Proust, t. XXI, p. 535).

Le présent texte parut en ouverture du numéro spécial de la Nouvelle Revue Française, « Hommage à Marcel Proust », qui fut publié un mois et demi à peine après le décès de l’écrivain, le 1er janvier 1923. Il ne fut signé que de trois petites étoiles car c’est au nom de la NRF tout entière – et, partant, des lettres françaises – que Rivière s’exprimait. Ce numéro spécial de 340 pages comprenait des souvenirs et des articles sur l’œuvre de Marcel Proust ainsi que de nombreux témoignages. Tout le monde littéraire français de l'époque y apportait son témoignage, de Barrès à Gide, de Noailles à Valéry, de Mauriac à Cocteau, de Maurois à Drieu La Rochelle. Cette cinquantaine de textes inauguraient la fortune critique de Proust. Le numéro contenait en outre deux fragments inédits de La Prisonnière, sixième tome de La Recherche. Le premier fragment intitulé « Une matinée au Trocadéro »;  le second « La mort de Bergotte ».

Proust mourut au terme d’un acharnement désespéré, alors qu’il travaillait sur la troisième dactylographie de La Prisonnière. Ce fut Jacques Rivière, assisté de Robert Proust, qui relut les dernières épreuves des derniers volumes de La Recherche pour sa publication.