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Proust, Marcel

Lettre autographe signée à Madame Catusse.
[Dimanche soir, 16 décembre 1917].

LONG LETTER TO HIS MOTHER'S OLD FRIEND CONCERNING THE SALE OF HIS FURNITURE AND OTHER GOODS, IN WHICH ARE MENTIONED SEVERAL OF PROUST'S LITERARY SOURCES, SUCH AS MR AND MS STRAUS, WHOSE SALON BECAME THE MODEL FOR THE VERDURIN'S.
Estimate
8,00012,000
LOT SOLD. 8,400 EUR
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Proust, Marcel

Lettre autographe signée à Madame Catusse.
[Dimanche soir, 16 décembre 1917].

LONG LETTER TO HIS MOTHER'S OLD FRIEND CONCERNING THE SALE OF HIS FURNITURE AND OTHER GOODS, IN WHICH ARE MENTIONED SEVERAL OF PROUST'S LITERARY SOURCES, SUCH AS MR AND MS STRAUS, WHOSE SALON BECAME THE MODEL FOR THE VERDURIN'S.
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8,00012,000
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Details & Cataloguing

100 Books, Manuscripts, Documents and Objects from the Pierre Leroy Collection

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Paris

Proust, Marcel

Lettre autographe signée à Madame Catusse.
[Dimanche soir, 16 décembre 1917].

LONG LETTER TO HIS MOTHER'S OLD FRIEND CONCERNING THE SALE OF HIS FURNITURE AND OTHER GOODS, IN WHICH ARE MENTIONED SEVERAL OF PROUST'S LITERARY SOURCES, SUCH AS MR AND MS STRAUS, WHOSE SALON BECAME THE MODEL FOR THE VERDURIN'S.

16 pages in-8, à l’encre.

À la fin de novembre 1917, Proust s’occupa de vendre une partie de ses meubles et tapisseries, de son argenterie, ainsi que plusieurs bronzes, en s’adressant à la vieille amie de sa mère, Madame Catusse ainsi qu’à Émile Straus. Il songeait à proposer la moitié du produit de la vente à Mme Scheikévitch, ruinée par la révolution russe. De son côté, Madame Catusse souhaitait vendre un buste de Diderot appartenant à un de ses amis. Proust pensait que Mr Straus lui-même serait l’amateur le mieux désigné, mais il raconte  anecdote assez amusante pour indiquer que Mr Straus ne sera pas forcément un client facile :
« (…) Il m’a raconté à ce propos (…) qu’il y a quelque temps, on vint lui offrir (un marchand) un buste de Diderot par Houdon, qui venait d’être retrouvé à Versailles. Straus le montre à Wildenstein qui répondit : « Je n’en sais rien, il est trop sale ! » Straus le montre ensuite au marquis de Breteuil qui vivait encore et avait un goût exquis. Il déclara que c’était une superbe chose et qu’il ne fallait pas le laisser échapper. Or Straus l’ayant acheté (…) le lava, le nez tomba, les sourcils tombèrent, la figure se défit, ce n’était que de la terre. Straus fit venir le marchand, le menaça de la police correctionnelle s’il ne lui rendait pas les 3.000 ou 5.000 francs, et le marchand s’exécuta. (…) » Il brosse à cette occasion un portrait de Straus : « Straus, si galant homme qu’il soit (et la peine incroyable qu’il se donne pour les fauteuils et les tapisseries, est vraiment touchante de la part de quelqu’un que je ne vois jamais) n’est pas cependant quelqu’un qui ne regarde pas à l’argent. (…) ».

Concernant la vente de ses meubles, Marcel Proust est indécis, il craint d'être la proie de marchands de tapis : « j’ai peur qu’ils ne soient voleurs et qu’ils me proposent 1.000 francs d’un tapis qui en vaut peut-être aujourd’hui 4 ou 5.000. ». Il vient de recevoir à l’instant une lettre de Mme Straus « qui bien que malade » lui écrit sans cesse « des lettres drôles et charmantes » et qui va « faire mettre les tapisseries à l’hôtel des ventes par quelqu’un de compétent ». Il évoque la princesse Soutzo et le départ de Paul Morand « parti hélas rejoindre son poste à Rome comme secrétaire d’ambassade. Je le préférais au cabinet du Ministre d’où il pouvait quelquefois venir auprès de mon lit vers minuit, si je n’avais pas trop de crises, mes fumigations finies. ».


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Literature

Les lettres de Proust à Madame Catusse ont été publiées en 1946 chez Janin ; celle-ci est transcrite aux pp. 165-170. 
Correspondance de Marcel Proust, éd. Kolb, tome XVI, pp. 359-363.

Catalogue Note

Marie-Marguerite Bertin (1858-1928), épouse d’Anatole Catusse, préfet des Alpes-Maritimes, fut la plus chère amie de la mère de Marcel Proust et joua un rôle très important dans la vie de l’écrivain, demeurant pour lui jusqu’à la fin une confidente et une conseillère pour les choses de la vie pratique. À l’âge de quinze ans, accompagnant sa mère en cure à Salies-de-Béarn, Proust composa pour elle l’un de ses tout premiers portraits littéraires. Madame Catusse aimait à chanter les airs de Massenet ou de Gounod, qu’elle fit découvrir au jeune Proust et qu’il n’oublia jamais.

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