54
54
Chateaubriand, François-Auguste-René

[28 lettres autographes dont certaines signées à divers correspondants dont Mme de Custine (4 lettres), Joseph Joubert (13 lettres), Sophie Gay (6 lettres)].
Datées de 1803 à 1846.

28 AUTOGRAPH LETTERS, AMONG WHICH : 6 TO HIS LOVER DELPHINE DE CUSTINE, DATED JULY TO NOVEMBER 1804, 13 TO JOSEPH JOUBERT ABOUT HIS TRIP TO JERUSALEM, TO GREECE AND EGYPT, DATED MARCH TO MAY 1807. EXCELLENT CONDITION.
Estimate
30,00040,000
LOT SOLD. 52,800 EUR
JUMP TO LOT
54
Chateaubriand, François-Auguste-René

[28 lettres autographes dont certaines signées à divers correspondants dont Mme de Custine (4 lettres), Joseph Joubert (13 lettres), Sophie Gay (6 lettres)].
Datées de 1803 à 1846.

28 AUTOGRAPH LETTERS, AMONG WHICH : 6 TO HIS LOVER DELPHINE DE CUSTINE, DATED JULY TO NOVEMBER 1804, 13 TO JOSEPH JOUBERT ABOUT HIS TRIP TO JERUSALEM, TO GREECE AND EGYPT, DATED MARCH TO MAY 1807. EXCELLENT CONDITION.
Estimate
30,00040,000
LOT SOLD. 52,800 EUR
JUMP TO LOT

Details & Cataloguing

100 Books, Manuscripts, Documents and Objects from the Pierre Leroy Collection

|
Paris

Chateaubriand, François-Auguste-René

[28 lettres autographes dont certaines signées à divers correspondants dont Mme de Custine (4 lettres), Joseph Joubert (13 lettres), Sophie Gay (6 lettres)].
Datées de 1803 à 1846.

28 AUTOGRAPH LETTERS, AMONG WHICH : 6 TO HIS LOVER DELPHINE DE CUSTINE, DATED JULY TO NOVEMBER 1804, 13 TO JOSEPH JOUBERT ABOUT HIS TRIP TO JERUSALEM, TO GREECE AND EGYPT, DATED MARCH TO MAY 1807. EXCELLENT CONDITION.

50 pages petit in-folio ou in-4 et 10 pages in-8 ou in-12.
Avec une lettre autographe de Mme de Chateaubriand et une lettre écrite par son secrétaire.
Ensemble monté sur feuillets de papier vergé crème et réuni en un volume petit in-folio (323 x 225 mm).

Reliure signée de Huser
. Plein maroquin rouge, quintuple filet doré en encadrement des plats, dos à nerfs, caissons à double filet ornés à la grotesque, lettres dorées, dentelle intérieure, doublures et gardes de moire rouge ; tranches dorées. Étui.
Excellent état de conservation.

6 lettres autographes, non signées, à sa maîtresse Delphine de Custine, datées de juillet à novembre 1804 : 12 p. (dont 10 in-4) ; nom et adresse de la destinatrice ; cachets ; bon état. Delphine de Custine a inscrit en haut de chaque lettre le nom de l’expéditeur.
16 juillet : « (…) Vous m’avez comblé d’amitiés, et de marques d’intérêt et d’estime, je parlerai éternellement de vous avec les sentimens le respect et le dévouement que je professe pour vous. (…) Bien fou qui croit aux sentimens qui parroissent les plus fermes et les plus durables. J’ai été tellement le jouet des hommes et des prétendus amis que j’y renonce… ».
23 juillet : « (…) Vous savez si jusqu’à présent j’avois gardé le silence et si, bien que blessé au fond du cœur, je vous en avois laissé apercevoir la moindre chose ; tant étoit loin de ma pensée tout ce qui auroit pu vous causer un moment de peine ou d’embarras. C’est la première et la dernière fois que je vous parlerai de ces choses-là. Je n’en dirai pas un mot à personne, soit que cela vienne d’elle ou non. (…) C’est à vous maintenant à juger si cela doit nous éloigner l’un de l’autre. Pour blessé, je l’ai été profondément ; mais mon attachement pour vous est à toute épreuve ; il survivra même à l’absence, si nous ne devons plus nous voir (…) ».
9 novembre : « (…) Vous persécutez trop, puis-je faire plus que je n’en fais ? J’ai été deux fois vous voir, contre tout sens commun, contre toute raison ; j’ai resté avec vous aussi longtemps  et plus longtemps que je ne le pouvois ; je vous assure que je suis fâché de vos plaintes très injustes. (…) ».
23 novembre : « Depuis ma dernière lettre, j’ai éprouvé une des plus grandes peines que je pusse encore ressentir dans cette vie. J’ai perdu ma sœur que j’aimois plus que moi-même et qui me laissera d’éternels regrets. Cette solitude qui se fait tous les jours autour de moi m’effraye, et je ne sais qui comblera jamais le vide de nos jours. (…) Que deviendrai-je ? Je n’en sais rien. Il ne me reste plus qu’à désirer le bonheur de ceux que j’aime. Tâchez donc d’être heureuse, tâchez de délivrer mon âme. Pensez à moi. Aimez-moi un peu si vous pouvez. J’ai tant rêvé de bonheur et je me suis si souvent trompé dans mes songes que je commence à prendre votre rôle à être toute sans espoir. Mille tendresses (…) ».

2 lettres autographes à l’abbé Pierre-Étienne de Bonnevie ; la première datée de « Paris, 12 mai 1804 » : 5 p. in-4, plus la suscription « À M. l’abbé de Bonnevie grand vicaire de Son E. le Cardinal Fesch ambassadeur de France à Rome / Italie » ; la seconde datée de « (Naples), 2 janvier 1804 » : 1 p. in-4, plus la suscription.
2 janvier : « Me voilà à Naples, (...) Mon empire commence toujours à la porte de Rome. L’arrestation fait grand bruit ici. Il semble qu’on blâme hautement cette démarche de la Cour de Rome. (…) ».
12 mai : « (…) Vous savez sans doute que je ne suis plus rien et que j’ai donné ma démission. Depuis ce moment, j’ai recouvré toute ma gaieté avec mon loisir (…) Mes respects à Mme Bonaparte (…) Ma fortune littéraire va toujours à merveille. ».

13 lettres autographes, non signées, adressées à Joseph Joubert, sur son voyage à Jérusalem, en Grèce, et en Égypte, datées du 9 mars 1804 au 11 mai 1807 et formant 23 pp. in-4 et 8 pp. in-8 ; une lettre comportant une découpure pratiquée vraisemblablement par le destinataire.
Paris, 18 ventôse [9 mars 1804] : « Ma visite au Premier Consul, manquée par deux fois et qui n’est pas encore faite, est le seul motif  qui me retient ici. (…) Quelle joie de vous revoir ! de revoir Mme Joubert qui est devenue l’héritière de toute l’amitié que je donnais à notre amie [Pauline de Beaumont] : il n’y a que vous deux dans le monde qui m’entendiez : celle qui entendait tout, n’est plus… »
Évreux, 18 août 1804 : « (…) Je cours les chemins et je me hâte. J’ai vu une vieille femme du temps de Mme de Sévigné, un vieux château qui ressemble aux Rochers, un bois qui m’a rappelé celui où j’ai été élevé. Enfin, j’ai été fort triste, et j’ai senti que je ne me souciais plus de faire des récits à personne. (…) »
Fougères, 2 juin 1806 : « J’ai revu mes bruyères. Je ne suis qu’à sept lieues du château de Combourg ou de Velléda. J’ai reconnu hier soir un coucher de soleil que j’avais vu dans mon enfance, voilà tous les lieux qui ont nourri les sentiments que j’ai au fond du cœur et qui ont donné à mon talent son caractère. (…) Je songe à ma pauvre Lucile, à mon père, à ma mère. J’ai les larmes aux yeux en vous écrivant. (…) Je me demande si je voudrais demeurer ici, et je trouve que non au fond du cœur. Sont-ce les lieux qui ont changé ? Non, c’est moi, c’est ce cœur humain qui s’écoule comme l’eau et qui n’est jamais dans le même état. (…) »
Alexandrie, 23 octobre 1806 : « Vous serez charmé d’apprendre, mon cher ami, que j’ai vu la Grèce et cette Jérusalem que vous m’aviez tant recommandée. Me voilà en Égypte et partant pour Le Caire où je vais voir les Pyramides. Ainsi j’aurai jeté un coup d’œil sur tous les plus grands monuments que nous ont laissés les hommes. (…) »
Barbarie, Tunis, 13 janvier 1809 : «  je suis maintenant aux ruines de Carthage. Mais il m’en coûte cher, mon ami. J’ai été attaqué trois fois par les Arabes et dans la dernière, sur le Nil, j’ai pensé perdre la vie. (…) »
Pau, 11 mai 1807 (lettre amputée d’une partie par coupure) : « (…) Au reste j’ai fait un voyage admirable. Je suis surtout confondu, étonné, anéanti par la vue de Jérusalem, du Jourdain et de la mer Morte. On peut se faire une idée de la Grèce, de l’Égypte, et des champs de Carthage, mais non pas de la Judée. Ce voyage me coûte 50.000 livres Je ne l’aurai jamais assez payé ce qu’il vaut, et ce qu’il me vaudra. L’Alhambra et Grenade mériteraient d’être vues par vous ; c’est de la féerie, de la magie, de la gloire, de l’amour ; cela ne ressemble à rien de connu. Quel beau voyage ! Que je suis heureux de l’avoir fait (…) ».

une lettre autographe de Mme de Chateaubriand, épouse de l’écrivain, signée de son paraphe et adressée à Joseph Joubert, datée de « Lyon 1er septembre [1805] » : 2 p. in-8 à l’encre noire (atténuée) sur double feuillet de papier vergé teinté ; nom seul en suscription. Très rare lettre de la femme de Chateaubriand, fort spirituelle au demeurant sur la nouvelle perruque de Joubert : « (…) nous aimions tous votre croupion de canard au point de n’avoir pas même pu sourire à l’idée de le voir enseveli dans la nuit d’une perruque. M. de Chateaubriand est révolté de vos comparaisons. (...) Nous avons vu le Mont-Blanc, le Valais, le pays de Vaud, enfin Mme de Staël (…) ».

6 lettres autographes, dont trois signées, à Sophie Gay, l’une avec un poème, datées de 1811 à 1823, formant 2 pp. ½ in-4, 3 pp. in-8 et 2 pp. in-12.
[Mai 1811 ?] : « Vous êtes, madame, si bonne et si aimable pour moi, que je ne sais comment vous remercier (…) Songez que c’est une espèce de sauvage qui vous écrit, mais un sauvage qui n’oublie jamais les services qu’on lui a rendus, et la bienveillance qu’on lui témoigne. » Cette lettre a été publiée par Sophie Gay elle-même dans La Presse, le 14 août 1849, comme témoignage de Chateaubriand la remerciant de son intercession auprès de Daru et de l’Empereur lors de sa candidature à l’Académie française.
[Mars 1823 ?] : Poème autographe de six vers et trois lignes de notes concernant la duchesse de Duras : « À la Cour d’Apollon Chateaubriand fut grand,/ L’auteur de Corinne y fut Reine./ Tout le peuple écrivain à leur suite se traîne./ Et leur gloire s’accroît de l’esprit qu’on leur prend./ J’en eus ma part, c’est par leur grâce./ Qu’un beau jour je devins… Duchesse du Parnasse
Note (pour les provinces) c’est sous ce nom qu’on connaît aujourd’hui le noble auteur d’Ourika, d’Edouard, d’Olivier, du Moine et des Mémoires de Sophie. »


Read Condition Report Read Condition Report

Literature

Lettres transcrites aux n° 265, 266, 283 et 287 dans la Correspondance générale de Chateaubriand (Paris, Gallimard, 1977, T. I), toutes signalées comme provenant d’une « collection particulière » à cette date ; la lettre du 9 novembre avait figuré à la vente de l’Hôtel Drouot, 20-22 octobre 1934 (G. Andrieux, expert), Catalogue d’une collection romantique, n° 300 et celle du 23 novembre à la vente de Paris, G. Andrieux des 21-25 février 1936, n° 698.
Lettres transcrites aux n° 243 et 260 dans la Correspondance générale de Chateaubriand (Paris, Gallimard, 1977), toutes signalées comme provenant d’une « collection particulière ».
Lettre de Mme de Chateaubriand transcrite en annexe II, pp. 418-419 dans la Correspondance générale de Chateaubriand (Paris, Gallimard, 1977, Tome I), signalée comme provenant d’une « collection particulière ».
Trois des lettres à Sophie Gay sont transcrites aux n° 500, 603 et 614 dans la Correspondance générale de Chateaubriand (Paris, Gallimard, 1977, T. II), toutes signalées comme provenant d’une « collection particulière ». La lettre du 3 mars 1813 est signalée au n° 614 avec adresse et cachet postal, mais l’autographe de la lettre n’en comporte pas.

Catalogue Note

En 1802, Chateaubriand tombe amoureux de Delphine de Sabran, veuve à 23 ans du comte de Custine. L’ayant quittée à regret lorsqu’il part pour Rome, il la retrouva à son retour en 1804 et fit plusieurs séjours dans son château de Fervacques de 1804 à 1806, mais il se lassa vite de l’humeur tyrannique, impérieuse et anxieuse de son amie – qu’il appelle parfois « Grognon » ou la « Princesse sans espoir » – et lui préféra bientôt Natalie de Noailles. Toutefois Mme de Custine intervint plus tard auprès de Fouché pour obtenir le visa de censure pour Les Martyrs et pour demander la grâce d’Armand de Chateaubriand, cousin de l'écrivain, fusillé pour espionnage en 1809. Elle mourut en 1826.

L’écrivain et moraliste Joseph Joubert (1754-1824) qui avait connu Chateaubriand au début de 1801 devint son ami le plus constant et son conseiller littéraire le plus déterminant. C'est Joubert qui lui fit rencontrer Pauline de Beaumont pour laquelle il nourrissait un réel amour platonique. En 1838, Chateaubriand publia le premier Recueil des Pensées de M. Joubert qu’il fit précéder d’une admirable et émouvante préface.

La romancière Sophie Gay (1776-1852) connut un grand succès sous l’Empire et la Restauration, avant de voir sa réputation éclipsée par celle de sa propre fille, Delphine Gay, devenue Madame de Girardin. Mariée au financier Jean-Sigismond Gay, Sophie tint un salon fréquenté par de nombreux écrivains et artistes de son temps. Quant à la romancière Claire-Louise-Rose-Bonne de Coëtnempren de Kersaint, duchesse de Duras (1778-1828), elle fut l’une des plus fidèles et des plus dévouées amies de Chateaubriand. Ses romans les plus célèbres sont cités dans la note du présent poème.

100 Books, Manuscripts, Documents and Objects from the Pierre Leroy Collection

|
Paris