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JOINTS AU MANUSCRIT :

Baudelaire, Charles

[Manuscrit autographe :] Amœnitates belgicae.
Non daté (1864-1866).

A MASTERPIECE OF CAUSTICITY, AND ONE OF BAUDELAIRE'S VERY LAST COMPLETE SETS OF POEMS STILL IN PRIVATE HANDS.
Estimate
250,000350,000
LOT SOLD. 240,000 EUR
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JOINTS AU MANUSCRIT :

Baudelaire, Charles

[Manuscrit autographe :] Amœnitates belgicae.
Non daté (1864-1866).

A MASTERPIECE OF CAUSTICITY, AND ONE OF BAUDELAIRE'S VERY LAST COMPLETE SETS OF POEMS STILL IN PRIVATE HANDS.
Estimate
250,000350,000
LOT SOLD. 240,000 EUR
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Details & Cataloguing

100 Books, Manuscripts, Documents and Objects from the Pierre Leroy Collection

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Paris

Baudelaire, Charles

[Manuscrit autographe :] Amœnitates belgicae.
Non daté (1864-1866).

A MASTERPIECE OF CAUSTICITY, AND ONE OF BAUDELAIRE'S VERY LAST COMPLETE SETS OF POEMS STILL IN PRIVATE HANDS.

23 épigrammes en vers autographes sur papiers de diverses teintes (beige, blanc ou bleu), montés sur 14 feuillets de papier vélin blanc grand in-8, 272 x 173 mm. Excellent état des feuillets.

Reliure de l’époque. Bradel demi-percaline brune, papier au peigne sur les plats, pièce de titre en long de maroquin rouge, lettres dorées. Très bon état (coins frottés).
Boîte moderne en plein maroquin rouge doublé, signée de Jean-Luc Honegger.

Détail des pièces : Venus belga (Montagne de la Cour) ; La Propreté des demoiselles belges ; La Propreté belge ; L’amateur des Beaux-Arts en Belgique ; Une eau salutaire ; Les Belges et la Lune ; Épigraphe pour l’atelier de M. Rops, fabricant de cercueils, à Bruxelles ; La Nymphe de la Senne ; Opinion de M. Hetzel sur le faro ; Un nom de bon augure ; Le Rêve belge ; L’inviolabilité de la Belgique ; Épitaphe pour Léopold 1er ; Épitaphe pour la Belgique ; L’Esprit conforme [2 pièces] ; Les Panégyriques du Roi ; Le Mot de Cuvier ; Au Concert à Bruxelles ; Une Béotie belge ; La Civilisation belge ; La Mort de Léopold 1er [2 pièces].


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Provenance

Auguste Poulet-Malassis (Catalogue vente, 1878, p. 132, n° 7), avec son ex-libris gravé par Bracquemond à sa devise « Je l’ai ! » ; note signée de sa main au recto du premier feuillet de garde : « Amœnitates belgicae, épigrammes contre la Belgique, inédites, moins : Venus Belgae, imprimé dans le Nouveau Parnasse satyrique du XIXe siècle, 1866, et dans le livre Charles Baudelaire, souvenirs – correspondances, 1872, et l’Opinion de M. Hetzel sur le faro, et Les belges et la Lune, imprimés dans ce dernier volume. 20 pièces autographes. Ce recueil n’a jamais été imprimé ; bien que j’aie dit le contraire dans le livre Charles Baudelaire (p.184). C’était pour faire de la peine au bibliographe belge le vicomte de Spoelberg (sic), et lui faire désirer, en vain, ma vente après décès. / A.P.M. » En 1872, le recueil Charles Baudelaire, souvenirs – correspondances contenait une bibliographie compilée anonymement par le Vicomte Spoelberch de Lovenjoul. Celui-ci y indiquait sur la foi de Malassis l’édition en 1866 à 10 exemplaires, tous détruits à la publication, du recueil Amœnitates belgicae. Non content d’avoir communiqué ce faux renseignement, l’éditeur du poète se permit d’affirmer l’existence d’un unique exemplaire survivant, imprimé sur peau de vélin. Ce ne fut qu’en 1886, lors de la vente Noilly, qu’on découvrit la présente note autographe révélant cette mystification bien dans l’esprit « malassien ».
Jules Noilly (Catalogue de livres rares et précieux, 1886, n° 511). Ce catalogue constitue un essai empirique de bibliographie romantique, et ce fut la première grande bibliothèque « romantique » qui connut le feu des enchères. 
Georges-Emmanuel Lang (Bibliothèque, Paris, I, 1925, n° 238). Il fut acquis par le libraire Ronald Davis.
Auguste Lambiotte (Catalogue III, 1977, n° 12). Ce célèbre bibliophile possédait une collection de livres choisis avec une très grande finesse. Le manuscrit fut racheté par la famille, le dernier propriétaire ayant été Mme Rosine Lambiotte-Donhauser, New York.

Exhibited

Le Mouvement symboliste, Bruxelles, 1957, n° 9.
Baudelaire, BN, 1957, n° 462.
Baudelaire, Petit-Palais, 1968, n° 733.
Paris-Bruxelles ; Bruxelles-Paris, Grand-Palais, 1997, n° 131 (reproduction d’une page).

Literature

Le texte donné par La Pléiade dans les Œuvres Complètes de Baudelaire (II, pp. 966-976) a été revu sur le présent manuscrit dont il indique toutes les variantes.

Catalogue Note

Précieux recueil autographe des 23 célèbres et fulminantes pièces épigrammatiques en vers de Charles Baudelaire, écrites à la toute fin de sa vie et dirigées contre la Belgique, elles sont intitulées ironiquement en latin Amœnitates belgicae (Aménités belges).

Manuscrit présentant 11 corrections (ratures avec modifications) et quelques variantes.

La violence de ces attaques verbales contre la Belgique était pour le poète une manière de se faire les « griffes » avant de s’attaquer à la France. Certaines épigrammes sont devenues très célèbres, voire proverbiales : « La Belgique se croit toute pleine d’appas ; / Elle rêve. Passant, ne la réveillez pas. » La charge verbale est toujours d’une vigoureuse crudité : « Comme l’esprit, ils ont en horreur les lumières / Parfois sous la clarté calme du firmament, / J’en ai vu, qui rongés d’un bizarre tourment, / Dans l’horreur de la fange et du vomissement, / Et gorgés jusqu’aux dents de genièvre et de bières, / Aboyaient à la Lune, assis sur leurs derrières. »
Arrivé à Bruxelles le 24 avril 1864 pour y donner des lectures et des conférences, Baudelaire retrouva son éditeur, Auguste Poulet-Malassis, qui s’y était installé depuis quelque temps. Le 2 mai, il fit sa première conférence sur Delacroix au Cercle Artistique et Littéraire de Bruxelles. L’espoir de Beaudelaire de vendre ses ouvrages en Belgique, l’une des motivations de son voyage, fut rapidement déçu. Très vite ce pays, lui devint insupportable. Éreinté par les névralgies, signes précurseurs de la crise qui allait bientôt le terrasser, Baudelaire développa une telle aversion haineuse pour son pays d’exil, qu’elle lui rendit paradoxalement le goût d’écrire. Ce fut le pamphlet Pauvre Belgique !, texte qu’il n’acheva pas et qui resta sous forme de notes. Complément de ces notes, le manuscrit de ces épigrammes intitulées Amœnitates belgicae, aux titres ironiques et au ton terriblement sarcastique, fut récupéré par Poulet-Malassis après la mort du poète. Le manuscrit fut vendu une première fois lors de la vente aux enchères de sa bibliothèque en 1878, où il fut acquis par le grand bibliophile romantique Jules Noilly. Réapparu en 1925 à la vente Lang, le texte fut publié l'année suivante, presque simultanément par Ventura Garcia Calderon, directeur des Éditions Excelsior, assisté du libraire parisien Ronald Davis, alors détenteur du manuscrit original et par les libraires-éditeurs Jean Fort et Pierre Dufay.
S’ouvrit alors un procès qui émut le monde des lettres, que Me Garçon, défenseur de Fort et de Dufay, gagna sur le principe. Toutefois, le tribunal reconnut les torts subis par les Éditions Excelsior, et ordonna la confiscation les exemplaires de l’autre édition, due à J. Fort. Me Garçon, publia sa plaidoirie dans La Justice au Parnasse (Paris, Arthème Fayard, 1935, pp. 81-111).

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