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Baudelaire, Charles

Les Fleurs du Mal.
Paris, Poulet-Malassis et de Broise, 1857.

WITHOUT A DOUBT THE MOST ILLUSTRIOUS COPY OF A MASTERWORK OF 19TH CENTURY FRENCH POETRY.
Estimate
300,000400,000
LOT SOLD. 603,200 EUR
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Baudelaire, Charles

Les Fleurs du Mal.
Paris, Poulet-Malassis et de Broise, 1857.

WITHOUT A DOUBT THE MOST ILLUSTRIOUS COPY OF A MASTERWORK OF 19TH CENTURY FRENCH POETRY.
Estimate
300,000400,000
LOT SOLD. 603,200 EUR
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Details & Cataloguing

100 Books, Manuscripts, Documents and Objects from the Pierre Leroy Collection

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Paris

Baudelaire, Charles

Les Fleurs du Mal.
Paris, Poulet-Malassis et de Broise, 1857.

WITHOUT A DOUBT THE MOST ILLUSTRIOUS COPY OF A MASTERWORK OF 19TH CENTURY FRENCH POETRY.

In-12, 195 x 124 mm.

Reliure de l’époque, signée d’Allô.
Demi-maroquin rouge à coins, dos à nerfs orné de six compartiments defilets à froid, lettres dorées, tête dorée, non rogné.
Excellente condition.

Édition originale.

Un des très rares exemplaires sur grand papier de Hollande (on en dénombrerait 22 selon Maurice Chalvet).

Exemplaire portant cet envoi autographe signé de l’auteur, à l’encre noire sur le faux-titre :
"À Eugène Delacroix
témoignage d’une éternelle admiration
Ch. Baudelaire".


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Provenance

Jacques Guérin (« Très beaux livres du XIXe siècle », Drouot-Paris, 20 mars 1985, n° 18).
Pierre Berès (ex-libris).
Jaime Ortiz-Patiño (Sotheby’s London, 2 décembre 1998, n° 30).

Literature

M. Chalvet,  «Les exemplaires sur Hollande de l’originale des Fleurs du Mal», Le Livre et l’estampe, n° 23, 1960, p. 5. Du même auteur « Les Exemplaires sur Hollande de l’originale des Fleurs du Mal », Bulletin du Bibliophile, 1975, III, (pp.245-265), n° 3.
Cl. Pichois, Un carnet d’Asselineau utilisé par Baudelaire » Quaderni Francesi, t. I, Naples, 1970, p. 507-518.
Cl. Pichois, Baudelaire, Œuvres Complètes, Bibliothèque de La Pléiade, t. I, pp. 789-926.

Catalogue Note

L’association de Baudelaire et de Delacroix est l’une des plus significatives sur Les Fleurs du Mal.
Delacroix tient une place fondamentale dans la vie et l’œuvre de Baudelaire. L’enthousiasme et l’admiration totale du poète pour le peintre, exprimés dès le Salon de 1845 (voir n° 8 et 16), soit dans la toute première publication de Baudelaire, furent réaffirmés tout au long de sa vie.  Baudelaire qualifiait Delacroix de « poète en peinture » et de « peintre le plus original des temps anciens et des temps modernes ». Baudelaire raconta quelle « catastrophe inopinée » fut l’annonce de la mort du grand artiste : « Messieurs, quand j’appris la mort de M. Delacroix, je restai stupide ; et deux heures après seulement, je me sentis envahi par une désolation que je n’essaierai pas de vous peindre, et qui peut se résumer ainsi : Je ne le verrai plus jamais, jamais, jamais, celui que j’ai tant aimé, celui qui a daigné m’aimer et qui m’a tant appris (…) » (Curiosités esthétiques, 2 mai 1864). Inestimable témoignage à celui auquel Baudelaire rendit hommage dans le célèbre poème VI des Fleurs du Mal, intitulé "Les Phares" :

"Delacroix, lac de sang hanté des mauvais anges,
Ombragé par un bois de sapins toujours vert,
Où, sous un ciel chagrin, des fanfares étranges
Passent, comme un soupir étouffé de Weber… "

Dans un carnet autographe de Charles Asselineau que Baudelaire utilisa aussi pour y dessiner et inscrire des notes, le poète avait récapitulé sur une page le nom des quelques personnes auxquelles il avait offert un exemplaire des Fleurs du Mal sur papier de Hollande : « 5 exemplaires sur papier fort donnés à Alexandre Dumas, [Emile Deschamps rayé], Eugène Delacroix, Prosper Mérimée. Je ne me rappelle plus les noms des deux autres personnes. Plus 1 ex pour M. Watteville ». Ces exemplaires avaient été pris par Baudelaire sur le stock des exemplaires de luxe dont Charles Asselineau avait la garde. Ce document confirme bien l’existence, par Baudelaire lui-même, de l’exemplaire de Delacroix.
Maurice Chalvet fit en 1960 une recension minutieuse de tous les exemplaires sur Hollande des Fleurs du Mal. Il dénombrait 12 exemplaires dédicacés seulement sur les 22 Hollande connus dont 3 avaient disparu : celui de Mérimée, brûlé ; celui de Gautier disparu pendant la guerre 39-45 ; et celui de Mme Sabatier également. Parmi les 9 restant, il n’en détaillait que 3 en reliure strictement contemporaine : celui de la mère du poète, relié par Lortic (collection J. Guérin), celui d’Eugène Delacroix, relié par Allô et celui d’Édouard Thierry en demi-chagrin noir (collection Paul Voûte) ; la reliure de l’exemplaire d’Asselineau (actuellement aux U.S.A.), réalisée initialement par Lortic avait été remplacée par une reliure « décorative » de Meunier.
Le présent exemplaire comporte également 3 corrections autographes de Baudelaire, au crayon, à trois poèmes : p. 29, La Muse vénale, vers 11, le « s » du mot « guères » barré ; p. 43, Don Juan aux Enfers, vers 11, « errants sur le rivage » corrigé trois fois en « errant sur les rivages » ; p. 110, Le Chat, II, vers 2, « sort au parfum » corrigé en « sort un parfum ». Pichois dans La Pléiade ne signale que la faute et les pluriels ajoutés à « errants sur le rivage », également corrigés à la main dans l’exemplaire Bracquemond.
Ces corrections sont importantes ici, surtout celles qui portent sur Don Juan aux Enfers, pour lequel Baudelaire trouva la source de son inspiration dans deux célèbres tableaux de Delacroix, La Barque du Dante et le Naufrage de Don Juan qui avaient été exposés au Salon de 1841. Cette inspiration est soulignée par Pichois.

Exemplaire extrêmement précieux. L’un des plus beaux envois sur un chef-d’œuvre du XIXe siècle.

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