Lot 9
  • 9

Simon Vouet Paris 1590 - 1649

Estimate
50,000 - 70,000 EUR
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Description

  • Simon Vouet
  • La Cène
  • Cachet de collection en bas à droite J.B.E. Gallice (lugt 855)
  • Sanguine, lavis de bistre, mise au carreau à la sanguine et à la pierre noire

Catalogue Note

Arrivé à Rome en 1614, après un séjour à Venise, Simon Vouet y reste jusqu'en 1627 et voyage dans toute l'Italie afin de se familiariser avec l'art italien. Elu prince de l'académie de Saint-Luc en 1624, il multiplie les tableaux pour d'importants collectionneurs et mécènes et obtient de prestigieuses commandes pour les églises romaines, Saint Pierre, San Lorenzo in Lucina, San Francesco a Ripa. Sa prodigieuse activité le place au coeur des créations romaines des années 1620 et l'artiste, après une phase caravagesque, retourne à l'exemple vénitien, à la clarté des coloris, alliée à un sens de l'espace et du mouvement.

C'est dans ce contexte qu'il faut situer ce spectaculaire dessin inédit de Simon Vouet, préparatoire au tableau de La Cène peint vers 1629-1630 pour décorer l'autel de la sixième chapelle dans la nef droite de la célèbre basilique de Lorette.

Dessin à la composition audacieuse, où le jeu des obliques est solidement encadré par les horizontales et les verticales de l'architecture, il a sans doute été réalisé pendant le séjour vénitien de l'artiste en 1627, avant de rentrer en France, appelé à Paris par le roi Louis XIII. Le tableau, peint deux ans plus tard à Paris est envoyé à Lorette et est toujours conservé au Palais Apostolique de cette ville.

Dessin de la plus grande importance pour comprendre le style italien de Vouet quand il réalise des études d'ensemble pour des compositions peintes, cette feuille utilise la technique de la sanguine et du lavis qu'on retrouvera rarement dans l'oeuvre de l'artiste. On sent ici encore l'influence caravagesque (jeu d'ombres et de lumières, goût des types populaires et du détail familier comme le chien léchant les plats) dans une lumière vénitienne chaleureuse. Les figures sont esquissées par des traits rapides et le lavis, posé avec une grande sûreté sur une mise au carreau, construit les drapés des figures et évoque l'espace qui sera celui du tableau.

Dessin capital dans la reconstruction de l'oeuvre dessinée de la période italienne de Vouet, cette feuille doit être mise en relation avec une autre version avec variantes, conservée au Kuppertischkabinett de Berlin, découverte par Pierre Rosenberg en 1972 et préparatoire aussi pour le même tableau de Lorette.