Lot 24
  • 24

Harpe, Mangbetu, République Démocratique du Congo

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Description

  • Mangbetu
  • Harpe
  • haut. 71 cm
  • 28 in
Cette belle harpe domu offre les caractéristiques classiques des harpes Mangbetu : caisse de résonance à double encoche, convexe dans sa partie inférieure, recouverte de peau tannée comportant deux ouvertures rondes, le manche (chevillier) cintré, muni de cinq cordes enroulées autour des chevilles fichées transversalement. Ici, le manche évoque un cou portant à son sommet une tête humaine aux traits naturalistes. Le visage, sculpté tout en longueur, est prolongé par le crâne étiré portant une coiffe à l’extrémité arrondie. Grand équilibre et très extrême finesse dans le modelé des traits et des motifs gravés signifiant les sourcils, la coiffe et les tatouages faciaux. Belle patine brune, brillante.   

Provenance

Pace Primitive Gallery, New York

Catalogue Note

L’usage de la harpe cintrée viendrait des Azandé. Il s'est progressivement propagé chez les Mangbetu, qui ont adopté les harpes dans les premières années du XXe siècle, avant tout pour leurs qualités esthétiques (Schildkrout et Keim, 1990 : 198 et 247). La plupart de ces cordophones aujourd’hui conservés dans les collections occidentales a été collectée entre 1910 et 1915.

Les motifs ornementaux délicatement gravés sur la coiffe, de même que sa forme arrondie, évoquent un bonnet d’homme dont il symboliserait le rang social. Ainsi, certains informateurs Mangbetu affirment aujourd'hui que les têtes sculptées sur les harpes représenteraient la reine Nenzima et le roi Yangala (Demolin in Schildkrout et Keim, idem : 198). 

Cette très belle harpe cintrée présente une grande ressemblance - à la fois formelle et stylistique - avec l’exemplaire provenant de l’ancienne collection Han Coray, aujourd’hui conservé au Rietberg Museum, à Zurich (reproduit dans Leuzinger, 1971 : 331, n° 22 et Brincard, 1990 : 83, n° 14).