Lot 19
  • 19

Wolfgang Paalen 1905-1959

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Description

  • Wolfgang Paalen
  • Selam trilogy
  • signé des initiales et daté 47
  • huile sur toile
  • 184 x 149,5 cm; 72 1/2 x 58 7/8 in.
  • Peint en 1947.

Provenance

Collection particulière, France

Exhibited

Paris, Galerie Villand et Galanis, 1970
Vienne, Museum Moderner Kunst - Stiftung Ludwig, Wolfang Paalen, Zwischen Surrealismus und Abstraktion,1993, reproduit dans le catalogue d'exposition p. 239

Literature

José Pierre, Domaine de Paalen, Paris, 1970, no. 13
André Breton, Le Surréalisme et la peinture, Paris, 1965, illustré p. 137
José Pierre, Wolfang Paalen, Paris, 1980, p. 39
Andreas Neufert, Wolfang Paalen Im Inneren des Wals, Monografie - Schriften - Oeuvrekatalog, Springer, Vienne, 1999, no. 47.03, reproduit p. 320

Catalogue Note

A mon sens, celui de tous les artistes contemporains qui a incarné avec la plus grande rigueur cette façon de voir - de voir autour de soi et en soi - et qui a assumé jusqu'à ses dernières conséquences le tourment de la traduire, ceci bien souvent jusqu'à l'angoisse, est Wolgang Paalen.
André Breton, le Surréalisme et la peinture, Paris, 1965, p. 138

En mai 1939, Paalen s'embarque pour New York, le but ultime de ce voyage étant le Mexique où Frida Kahlo l'a invité à lui rendre visite. L'Amérique est pour l'artiste, non un exil involontaire, mais au contraire, un répit désiré, culturel et philosophique, qui lui permette de clarifier sa pensée vis à vis du Surréalisme. Installé au Mexique, il fonde une revue, DYN, qui sera publiée de 1942 à 1944 dans laquelle il développe sa philosophie, et définit le cadre théorique pour ses oeuvres des années 40. Un essai intitulé Metaplastic publié à l'occasion de l'exposition Dynaton à San Francisco en 1951 en sera la conclusion. Comme le remarque Andreas Neufert, Paalen à cette époque se concentre sur la crise du sujet en art et développe sa pensée notamment dans son ouvrage Form and Sense édité avec l'aide de Robert Motherwell. Dans ce livre, il affirme que le sujet en peinture est le problème crucial de l'art contemporain. Au contraire de Matta, qui a la volonté de créer un espace métaphysique (extérieur à l'homme), Paalen ne veut pas dissocier l'image de la perception du spectateur. Ses figures doivent êtres perçues en utilisant les catégories humaines d'espace et de temps pour devenir réelles. (D'après Andreas Neufert, Wolgang Paalen, the Painter as Thinker and Visionary, Dresde, 2001).
Ethel Baziotes se souvient que Paalen était le sujet de toutes les conversations dans les annés 40, et fréquemment comparé à Matta. L'oeuvre de Paalen de cette époque, qu'Andreas Neufert appelle période dynatique, est perçue comme ouvrant un nouveau chapitre dans le concept de l'espace pictural, entraînant la peinture vers de nouvelles hauteurs après la guerre. (D'après une interview d'Ethel Baziotes avec Amy Winter, Wolfgang Paalen, DYN and the American Avant-garde of the 1940s, 1995, p. 579).
Une des particularités de cette phase de l'oeuvre de l'artiste, est l'insistance sur le thème de la trilogie, que l'on pourrait aussi qualifier de triade ou de trinité. L'année 1947 voit ainsi la création de deux versions de Selam Trilogy (celle ici présente et une autre également sous titrée Hamnur trilogy), mais aussi de Trois personnages, et de deux versions des Ancêtres à venir, dans lesquelles trois personnages se devinent. Plusieurs hypothèses ont été avancées sur la signification de ces trilogies, sans qu'aucune ne soit retenue plus qu'une autre; mais l'on peut y voir une des réponses de l'artiste à la question du sujet en art et à la préoccupation de la représentation de la figure.