Lot 12
  • 12

oeuvres Paris, de l'Imprimerie de P. Didot l'aîné, an IX [1801-1805]

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Description

  • Racine, Jean
  • oeuvresParis, de l'Imprimerie de P. Didot l'aîné, an IX [1801-1805]
3 volumes grand in-folio (480 x 340 mm).



illustration :  frontispice dessiné par Prudhon gravé par Marais, 56 figures par Chaudet, Gérard, Girodet, Moitte, Peyron, Serangeli et Taunay, gravées sur cuivre par Baquoy, Coiny, Dupréel, Langlois, Ponce et autres.



tirage : exemplaire n° 81, justifié et signé par Didot, un des 100 exemplaires avec les figures avant la lettre. Edition limitée à 251 exemplaires sur papier vélin.



reliure de l'époque de bradel (étiquette). Maroquin rouge à long grain, grande dentelle en encadrement avec gros fer rocaille aux angles, armoiries de Napoléon Ier au centre (OHR 2652, fer 10), dos à nerfs ornés des emblèmes napoléoniens (abeille, aigle, étoile) répétés, roulette intérieure, doublure et gardes de tabis bleu, tranches dorées.
Rousseurs, dos légèrement passé, minimes traces de frottements, coins restaurés.  

Provenance

Henri Béraldi (ex-libris, 1934, II, n° 210)--Drouot, 12 mars 1963, lot 154.

Literature

André Jammes, Les Didot, n° 96.

Catalogue Note

"Si au milieu des secousses inséparables d'une révolution, et toujours affligeantes pour les arts, j'ai pu amener à une heureuse fin l'ensemble de cette édition remarquable, il ne m'a fallu rien moins qu'une constance inaltérable et un désintéressement total, joints au désir ardent d'élever à la gloire de Racine un monument typographique qui devint pour ainsi dire national."  (Pierre Didot).

Entreprise dès 1793, cette édition demanda dix ans à Pierre Didot pour rassembler les 57 compositions des plus grands artistes du néo-classicisme français, considérées aujourd'hui comme "l'épitome du classicisme davidien dans l'illustration des livres" (G. Ray).  Didot considéra son Racine comme le point culminant de sa carrière ; Brunet le regarde comme "un des livres les plus magnifiques que la typographie d'aucun pays eut encore produit". 
Selon Paul Lacroix (Notice historique sur l'édition de Racine dite du Louvre, 1876), les souscripteurs de cette édition dédiée au Premier Consul furent choisis par Bonaparte lui-même. C'est à cette condition que le Premier Consul accepta la dédicace de cette entreprise éditoriale certes magnifique mais dont le coût faramineux et le prix de vente exorbitant (1 800 francs) multipliaient les risques d'insuccès.
Cet exemplaire de luxe, avec les figures avant la lettre, fut confié à Bradel pour le parer de la somptueuse reliure aux grandes armes du dédicataire devenu empereur.
Le bel exemplaire de la collection Gérard Souham est orné de la même reliure par Bradel mais avec un décor sur les dos hétérogène et sans les célèbres emblèmes de Napoléon (abeille, aigle, étoile) ici présents.