Lot 4
  • 4

Stultifera Navis Bâle (1er mars 1498)

Estimate
15,000 - 20,000 EUR
Sold
15,600 EUR
bidding is closed

Description

  • Brandt
  • Stultifera Navis
    Bâle (1er mars 1498)
Stultifera Navis, in latinum a Jacobo Locher translata… Bâle, J. Bergman de Olpe,
1er mars 1498.
in-4° (201 x 147 mm) de 164 ff., ch. I à CXLIIII, sign. a-s8 - 4 ff. n. ch. sign.f4 - 16 ff., ch. CXLV à CLIX, sign.
t-y4, le dernier blanc, maroquin havane, filets à froid autour des plats, motifs dorés au centre et dans les angles, roulette dorée intérieure, tranches dorées (Hardy).



Collation

Literature

Pellechet, 2823 ; Schreiber, 3572 ; Hain, 3751 ; Proctor, 7778 ; Gesamkatalog, IV, 5062 ; Polain, 4092 ; Goff -- B-1091 ; Sack, 811 ; Schramm, 22-47 ; Hind, pp. 331-332 ; Nicole Taubes, La Nef des fous, pp. 1-12.

Catalogue Note

Imprimée en caractères romains de deux grandeurs et en gros caractères gothiques, cette édition de La Nef des fous traduite en latin par J. Locher, contient les commentaires de Thomas Beccadelli.

Destinée au peuple, La Nef, l’ouvrage de référence de Brandt (1458-1521), œuvre fascinante et satirique, fut le livre le plus lu en Europe au XVIe siècle. Elle donna à la littérature sinon ses lettres de noblesse, du moins son statut spécifique de création en tant que telle et sa dimension de phénomène de masse.

Formé de 113 chapitres, chacun composé de vers octosyllabiques, il met en scène un navire, “étrange bateau ivre qui file le long des calmes fleuves de la Rhénanie” disait Michel Foucault, sur lequel s’embarquent des sots et des fous, chacun représentant une classe sociale (clergé, noblesse, magistrature, université, négoce, paysans, cuisiniers…) et caricaturant une folie, un péché, une erreur. C’est en réalité un violent réquisitoire contre les vices de l’humanité.

Publiée pour la première fois en allemand à Bâle en 1494, chez son ami Bergman, La Nef fit l’objet en 1497 d’une traduction latine par Jakob Locher, l’élève et l’ami de Brandt. Rapidement épuisée, elle fut plusieurs fois rééditée.

L’un des plus célèbres illustrés de l’histoire du livre.

À l’exception de trois gravures, les bois au nombre de 119 dont 2 frontispices, sont les mêmes que ceux de l’édition originale latine du 1er mars 1497. D’un grand réalisme, voire très sarcastiques dans la représentation des scènes de la vie quotidienne, tout à fait adaptés à la lettre du texte, ils sont en partie dus au jeune Albrecht Dürer (Panofsky, La Vie & l’Art d’Albrecht Dürer, pp. 53-54).

Exemplaire de qualité, d’un beau tirage.

Un peu court en tête, le chiffrage de quelques feuillets a été atteint par le couteau du relieur. Les ff. 131 à 134 ont été mal placés au moment de la reliure.

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