Lot 372
  • 372

Le Nihilisme contre la révolte Manuscrit autographe signé, s.d. (1952) Joint : Un pas en avant. Le Nihilisme contre la révolte manuscrit dactylographié, s.d.

Estimate
12,000 - 15,000 EUR
Log in to view results
bidding is closed

Description

  • Camus, Albert
  • Le Nihilisme contre la révolteManuscrit autographe signé, s.d. (1952)Joint : Un pas en avant. Le Nihilisme contre la révoltemanuscrit dactylographié, s.d.
19 p. in-8° obl. (rature et corrections). Joint. Un pas en avant. Le Nihilisme contre la révolte. Manuscrit dactylographié, s.d., 18 p. in-4° (corrections).
Important manuscrit, très raturé et corrigé, en faveur de son essai critique, L’Homme révolté, paru en octobre 1951.

Literature

Albert Camus, Les Essais, La Pléiade, pp. 1702-1716; O. Todd, Albert Camus, Une vie, Gallimard, pp. 555-572.

Catalogue Note

Certainement destiné à la publication au moment de sa rédaction, il resta dans les tiroirs de l’écrivain. Il fut néanmoins rapporté par Roger Quillot sous le titre “Défense de l’Homme révolté” (Les Essais, La Pléiade). Tout le texte est pensé comme une réponse aux nombreux détracteurs du livre. Après sa parution, l’écrivain avait définitivement rompu avec son ancienne famille politique, la gauche communiste.
Cette rupture, vécue comme une douloureuse nécessité, lui coûta cependant car il éprouvait une amitié fraternelle pour les communistes d’avant-guerre et de la Résistance. Mais dès 1946, il avait signifié, dans de nombreux articles de Combat entre autres, son refus d’un monde dominé par les grandes instances internationales, et plus tard, dénoncé les abus du stalinisme. Il s’éloigna progressivement des intellectuels de gauche, trop complaisants à l’égard du système concentrationnaire de Moscou et de la répression policière. L’Homme révolté fut violemment critiqué par les milieux politiques de gauche et de droite, et la polémique culmina avec Sartre. Animateur des Temps modernes, ce dernier laissa à l’un de ses collaborateurs et exégètes, Francis Jeanson, le soin de  vilipender l’ouvrage en mai 1952. Usant de son droit de réponse, Camus prit Sartre à partie le 30 juin. Sortant de sa réserve, celui-ci fit alors un procès qui, mêlant reproches personnels et considérations philosophiques, mit définitivement un terme leur compagnonnage.
Le présent texte fut conçu comme une deuxième réplique de l’auteur au Temps modernes. L’évolution de son engagement politique est expliqué avec une grande simplicité … Je n’aurais pas écrit [ce livre] si, dans les années 40, je ne m’étais trouvé en face d’hommes dont je ne pouvais m’expliquer le système et dont je ne comprenais pas les actes. Pour dire les choses brièvement, je ne comprenais pas que des hommes puissent en torturer d’autres sans cesser de les regarder. Pour moi, je ne disposais que d’une révolte sûre d’elle-même, mais encore inconsciente de ses raisons… Il revient, inlassablement, sur la notion maîtresse de révolte et de mesure, extrêmement raillée dans les milieux intellectuels, notamment par Breton, lequel demanda au critique Aimé Patri dans Les Arts du 16 novembre ce qu’était “ce fantôme de révolte que Camus s’efforc[çait] d’accréditer”, ainsi que par Francis Jeanson et Sartre … J’ai cru pouvoir employer le mot de mesure [se défend l’auteur] … J’aurais pu employer le mot “affrontement” ou “corps à corps” pour satisfaire à la soif d’exploits militaires qu’on trouve dans notre société littéraire. Mais j’ai préféré le mot juste qui était celui de la mesure dans le sens pourtant classique où l’entendaient les Grecs. Oui, la révolte est la mesure de la révolution et inversement…