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Brouillon autographe s.d.
Description
- Camus Albert
- Brouillon autographes.d.
Très beau texte inédit, décisif sur l’évolution de la pensée de Camus à propos de la peine de mort.
L’auteur l’a relu et corrigé d’une autre encre.
Catalogue Note
Il y explique son aversion pour le meurtre légal. Cette distance critique devait l’amener à rompre avec le communisme stalinien au lendemain de la Libération, et l’isoler complètement de la scène intellectuelle française, où l’orthodoxie régnante acceptait les massacres au nom de l’Histoire. Il reviendra amplement sur le sujet dans ses Réflexions sur la guillotine (Albert Camus, Les Essais, La Pléiade, pp.1886-1891) : J’ai réfléchi […] à mon incapacité à faire fusiller qui que ce soit, comme beaucoup d’autres aujourd’hui, au nom d’une vérité ou d’une illusion de vérité. J’ai donc conclu que je ne saurais admettre aucune vérité qui pût me mettre un jour dans cette obligation. À quoi, des hommes que j’estime m’ont répondu que nous étions dans l’utopie, qu’il n’y avait pas de vérité politique qui nous amenât un jour à cette extrémité, qu’il fallait accepter le risque de cette extrémité ou accepter le monde tel qu’il était. Cet argument était présenté avec force. Mais je crois d’abord qu’on y mettait tant de force que parce que les gens qui le présentaient n’avaient pas d’imagination pour le mal des autres… En somme, les gens dont j’ai parlé voudraient un monde parfait où l’on ne se tue plus – nous ne sommes pas fous – mais où le meurtre est légitime et nous devons le changer…